Ethiopie : Sept groupes armés s’allient pour renverser le gouvernement

Sept groupes armés éthiopiens ont annoncé dimanche la création d’une alliance visant à coordonner leur lutte contre le gouvernement fédéral et à provoquer sa chute. Baptisée « Alliance des forces des peuples éthiopiens pour la survie », la nouvelle coalition sera dirigée par Zemene Kassie, chef des milices nationalistes amhara Fano.

Parmi les principales composantes figurent le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et l’Armée de libération oromo (OLA), deux mouvements implantés dans des régions stratégiques du pays. Des groupes armés opérant dans les États régionaux de l’Afar, de l’Ogaden et du Benishangul-Gumuz ont également rejoint la coalition.

Les Fano, historiquement présentées comme des milices d’autodéfense amhara, affrontent les autorités fédérales depuis 2023, après la décision d’Addis-Abeba de désarmer les forces régionales de l’Amhara. Elles mènent principalement des opérations de guérilla dans les zones rurales.

L’OLA, classée organisation terroriste par le gouvernement éthiopien, poursuit pour sa part son insurrection en Oromia. Issue d’une scission de l’ancien Front de libération oromo (OLF), elle s’est développée ces dernières années, même si des observateurs la décrivent davantage comme un ensemble de groupes autonomes que comme une structure militaire centralisée.

Le TPLF dispose d’un passé militaire plus important. Le mouvement a dirigé l’Éthiopie pendant près de trois décennies avant son affrontement avec le gouvernement fédéral entre 2020 et 2022. Il contrôle de fait le Tigré, mais ses relations avec Addis-Abeba se sont de nouveau tendues ces derniers mois.

L’efficacité de la nouvelle alliance reste toutefois incertaine. Selon des analystes, une coopération accrue pourrait permettre aux groupes de partager des renseignements et de coordonner certaines opérations, contraignant les forces fédérales à gérer plusieurs fronts simultanément.

Mais leurs divergences idéologiques et territoriales pourraient limiter leur collaboration. Les Fano et le TPLF, notamment, se sont combattus durant la guerre du Tigré. Les revendications amhara sur le Tigré occidental constituent toujours une source majeure de tension entre les deux camps.

Face à eux se trouve une armée éthiopienne estimée à environ 500 000 hommes, dotée notamment de drones qui avaient joué un rôle important dans la défaite des forces tigréennes en 2022.

Des précédentes tentatives de rapprochement entre groupes armés, dont une alliance formée en 2021 autour de neuf mouvements, n’avaient pas produit d’effet militaire durable. Les analystes restent donc prudents quant à la capacité de cette nouvelle coalition à s’inscrire dans la durée.