Amnesty International accuse le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda selon plusieurs sources internationales, d’avoir commis de graves violations des droits humains contre des mineurs artisanaux dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Dans un rapport publié lundi, l’ONG affirme que ces exactions auraient notamment eu lieu dans des sites miniers contrôlés par le mouvement.
Selon Amnesty, des combattants du M23 se seraient rendus responsables d’exécutions sommaires, d’actes de torture, de détentions arbitraires, de travail forcé et de recrutements forcés. L’organisation dit avoir documenté l’exécution de 18 mineurs artisanaux à Rubaya, dans le Nord-Kivu, et dans la mine d’or de Lomera, au Sud-Kivu.
D’après des témoignages recueillis auprès de familles et de témoins, dix victimes auraient été battues à mort, deux tuées par balle et six autres enlevées avant d’être retrouvées mortes.
A Rubaya, plus de 20 mineurs auraient également été détenus dans des cellules souterraines et soumis à des violences répétées. Certains mineurs interrogés par Amnesty affirment avoir été frappés lorsqu’ils demandaient une pause, refusaient de remettre leur minerai ou ne respectaient pas les consignes du groupe armé.
L’ONG rapporte également que des gardes présentés par des témoins comme étant rwandais auraient collaboré avec le M23 et participé aux mauvais traitements infligés aux travailleurs.
Ces accusations interviennent alors que le M23 contrôle depuis sa résurgence en 2021 de vastes territoires de l’est de la RDC, une région particulièrement riche en ressources minières. Le groupe s’est notamment emparé de Rubaya, important site d’extraction de coltan, minerai stratégique pour l’industrie électronique.
Amnesty affirme par ailleurs avoir recueilli des éléments faisant état de l’exportation clandestine d’or issu de zones contrôlées par le M23 vers le Rwanda, via des réseaux de contrebande opérant notamment sur le lac Kivu.
Le M23, qui a toujours rejeté les accusations de pillage des ressources congolaises, tire d’importants revenus du contrôle des activités minières dans les territoires qu’il occupe. Une enquête publiée en juin par Global Witness affirme également que du coltan extrait dans l’est de la RDC aurait été acheminé vers le Rwanda avant d’être exporté vers des fonderies alimentant l’industrie électronique mondiale.
