Au moins 12 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées dans des violences survenues le 18 septembre dans l’ouest de l’Ethiopie, près de la frontière avec le Soudan du Sud, a annoncé Médecins sans frontières (MSF).
Les affrontements ont eu lieu dans le woreda spécial d’Itang, dans l’Etat régional de Gambella. Les équipes de MSF ont été confrontées à un afflux massif de victimes dans un centre de santé local.
Selon l’ONG, 88 personnes blessées lors des violences ont été prises en charge. Huit étaient déjà décédées à leur arrivée, tandis que quatre autres ont succombé à leurs blessures malgré les soins prodigués par les équipes médicales.
Le responsable des opérations de MSF en Ethiopie, Gul Badshah, a appelé « toutes les parties impliquées à la retenue » et à prendre les mesures nécessaires pour protéger les populations civiles contre de nouvelles violences. L’organisation n’a toutefois pas précisé l’identité des groupes impliqués ni les circonstances exactes des affrontements.
Les violences communautaires sont récurrentes à Gambella, une région qui accueille plus de 400 000 réfugiés, principalement originaires du Soudan du Sud voisin. Ces populations ont fui les conflits qui ravagent le plus jeune État du monde depuis plusieurs années.
Plusieurs groupes armés opèrent par ailleurs dans différentes régions éthiopiennes, avec des revendications et des dynamiques distinctes. Dans un rapport publié début 2025, le Rift Valley Institute soulignait notamment la concurrence pour l’accès aux ressources et l’afflux de réfugiés parmi les facteurs susceptibles d’alimenter les tensions locales.
La situation humanitaire demeure également préoccupante dans les camps de réfugiés de Gambella. En août 2025, MSF avait alerté sur la réduction des rations alimentaires et l’aggravation de la malnutrition dans les sept camps de la région, sur fond de diminution de l’aide humanitaire.
Avec près de 130 millions d’habitants, l’Ethiopie reste confrontée à plusieurs foyers de violence, notamment dans les régions de l’Oromia et de l’Amhara, deux des plus peuplées du pays.
