Un concert au Bataclan, à Paris, a clôturé jeudi une journée de mobilisation dans plusieurs villes françaises en soutien au journaliste sportif Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis sept mois. Des rassemblements avaient eu lieu à Toulouse, Lille, Montpellier et Perpignan pour demander au président algérien Abdelmadjid Tebboune de répondre favorablement à la demande de grâce formulée par la famille du journaliste.
Lors de la soirée parisienne, plusieurs artistes ont prêté leur voix au journaliste : le compositeur Alex Beaupain, la chanteuse Mathilda et le groupe électro-pop Elephanz. Jeanne Cherhal a également interprété une version improvisée de la chanson de Michel Berger « Diego libre dans sa tête ». Le concert était organisé par Reporters sans frontières (RSF).
Collaborateur des magazines So Foot et Society, Christophe Gleizes avait été arrêté le 28 mai 2024 à Tizi-Ouzou, en Algérie, alors qu’il préparait un reportage sur la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK). Initialement placé sous contrôle judiciaire, il a été incarcéré en juin 2025 après avoir été condamné en première instance à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », dans un contexte de crise diplomatique entre Paris et Alger. Les autorités algériennes lui reprochent des contacts avec des membres du MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie), classé terroriste depuis 2021.
Par ailleurs, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été élu jeudi à l’Académie française, près de trois mois après sa sortie de prison en Algérie. Il a été élu dès le premier tour avec 25 voix « pour » et un bulletin blanc parmi 26 votants. Six candidats étaient en lice, mais Sansal, figure littéraire reconnue, s’est largement imposé.
Plusieurs personnalités politiques ont salué son intronisation. Marine Le Pen l’a qualifié sur X de figure emblématique du combat pour la vérité, tandis que Bruno Retailleau l’a félicité comme son ami. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a estimé que cette élection envoyait un message fort en France et à l’international.
Boualem Sansal avait été arrêté le 16 novembre 2024 à son arrivée à Alger en provenance de Paris et emprisonné. Il avait été condamné à cinq ans de prison pour « atteinte à l’unité nationale » à la suite de déclarations tenues en octobre 2024 au média français Frontières sur l’Algérie et le Maroc, avant de bénéficier d’une grâce du président Abdelmadjid Tebboune, sous pression européenne.
