Au moins 15 mineurs ont perdu la vie dans l’effondrement partiel d’une mine d’or abandonnée dans le nord du Soudan, a annoncé lundi la Sudanese Mineral Resources Company (SMRC), l’entreprise publique chargée du secteur minier.
Selon la SMRC, les victimes s’étaient introduites dans la mine désaffectée Mohamed Tawfiq, située à Wadi Halfa, près de la frontière avec l’Egypte, lorsqu’une partie de la galerie s’est effondrée. Un autre mineur a été blessé. L’entreprise n’a toutefois pas précisé la date exacte de l’accident.
Depuis le déclenchement de la guerre en avril 2023 entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR), l’exploitation de l’or est devenue une source majeure de financement pour les deux camps, avec l’appui de soutiens étrangers.
Le conflit a également aggravé la crise économique, poussant de nombreux Soudanais privés de revenus à se tourner vers l’exploitation artisanale de l’or, souvent dans des mines abandonnées ou des sites informels dépourvus de toute mesure de sécurité.
Ces activités s’accompagnent par ailleurs de risques sanitaires importants, en raison de l’utilisation de substances chimiques dangereuses qui contaminent fréquemment les zones environnantes.
Avant même le début de la guerre, plus de deux millions de personnes vivaient déjà de l’exploitation minière artisanale. Aujourd’hui, alors que près de 25 millions de Soudanais sont confrontés à l’insécurité alimentaire, cette activité demeure un moyen de subsistance pour une grande partie de la population.
Premier producteur d’or d’Afrique, le Soudan a extrait environ 70 tonnes du métal précieux en 2025, soit son plus haut niveau de production depuis cinq ans, selon la SMRC. D’après le ministre soudanais des Finances, Gibril Ibrahim, seules 20 des 70 tonnes produites l’an dernier ont été exportées par les canaux officiels.
