Algérie : Participation record à la baisse aux législatives

Les élections législatives organisées le 2 juillet en Algérie ont été marquées par une abstention historique, avec un taux de participation limité à 21,24 %, le plus faible jamais enregistré dans le pays, selon les résultats officiels annoncés lundi par l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie). Selon des observateurs, le taux de participation n’aurait pas dépassé les 13 % malgré le vote des militaires et des forces de sécurité.

Le scrutin confirme une nouvelle fois la prédominance des formations proches du pouvoir. Le Front de libération nationale (FLN), parti historique de l’indépendance, arrive en tête avec 90 sièges sur les 407 que compte l’Assemblée populaire nationale. Il est suivi du Rassemblement national démocratique (RND), qui obtient 73 sièges, tandis que le Front El Moustakbal complète le podium avec 59 élus.

Les partis islamistes occupent les rangs suivants. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP), principale formation islamiste, décroche 43 sièges, contre 64 lors des législatives de 2021. El Binaa obtient pour sa part 38 sièges, soit un de moins que lors du précédent scrutin.

A l’inverse, les partis de l’opposition non islamiste enregistrent un net recul. Le Front des forces socialistes (FFS), plus ancien parti d’opposition du pays, ne remporte que 12 sièges. Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) en obtient quatre, tandis que le Parti des travailleurs n’en décroche que trois.

La représentation des femmes accuse également une forte baisse. Bien qu’elles constituent près de la moitié de la population algérienne, seules 23 femmes ont été élues députées, contre 38 en 2021 et 118 en 2017, année où un système de quotas en leur faveur était encore en vigueur.

Face au risque d’une faible mobilisation, les autorités avaient prolongé d’une heure les opérations de vote sur l’ensemble du territoire. Cette mesure n’a toutefois pas permis d’inverser la tendance.

Cette désaffection électorale intervient plusieurs années après le mouvement de contestation du Hirak, qui avait conduit à la démission du président Abdelaziz Bouteflika en 2019. 

Depuis, les autorités, dirigées par le président Abdelmadjid Tebboune, réélu en 2024, sont régulièrement critiquées par des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent un rétrécissement de l’espace public et des libertés, dans un contexte où persistent d’importantes attentes sociales et économiques.