Au moins dix militaires maliens ont été tués dimanche 9 août dans une attaque visant un camp de l’armée à San, dans le centre du pays. L’assaut a été revendiqué par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, selon des sources sécuritaires et locales citées par l’AFP.
Les combats ont éclaté vers 05h00, selon des habitants de cette ville de la région de Ségou. « Nous avons entendu de grosses détonations et des échanges de tirs de manière continue », a témoigné un résident, précisant que le calme était revenu plusieurs heures après le début de l’offensive.
Une source sécuritaire a indiqué que les assaillants avaient temporairement pris le contrôle du camp, faisant état d’un bilan provisoire d’environ dix militaires tués. Une autre source locale a confirmé l’existence de pertes dans les rangs des forces maliennes, sans pouvoir avancer de chiffre définitif.
L’armée malienne a toutefois livré une version plus mesurée des événements. Dans un communiqué, l’état-major a évoqué une « tentative d’attaque » contre l’emprise des Forces armées maliennes (FAMa), affirmant qu’une riposte avait permis de repousser les assaillants et que la situation était désormais « sous contrôle ».
Le JNIM affirme pour sa part avoir pris « totalement » le contrôle de la caserne lors de son offensive menée dimanche matin.
Cette nouvelle attaque intervient dans un contexte de recrudescence des violences jihadistes au Mali. Le pays est confronté depuis 2012 à une insurrection menée par des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, à laquelle s’ajoutent des affrontements communautaires et les revendications de mouvements touaregs.
Depuis les coups d’Etat de 2020 et 2021, le nouveau pouvoir malien a rompu avec la France et renforcé ses liens militaires et politiques avec la Russie, tout en faisant de la lutte contre les groupes armés une priorité.
Les forces maliennes ont subi plusieurs revers ces derniers mois. Le 18 juillet, au moins 50 soldats avaient été tués dans l’attaque d’un convoi dans le nord du pays par une coalition réunissant le JNIM et les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA), faisant de cette offensive l’une des plus meurtrières contre l’armée depuis le début du conflit.
