Les tensions entre Washington et Téhéran restent vives et la question du soutien international à l’Iran prend une nouvelle dimension, selon les analystes occidentaux. Le président Donald Trump menace de prendre des mesures sévères contre les pays qui apporteraient à la République islamique iranienne un soutien matériel, financier ou militaire.
En Afrique, plusieurs Etats entretiennent des relations avec Téhéran, mais à des degrés très différents.
L’Algérie figure au premier plan parmi les pays africains dont les relations avec l’Iran sont les plus étroites sur le plan politique, diplomatique, financier, militaire et sécuritaire. Alger et Téhéran partagent des positions sur les grands dossiers internationaux, notamment la question palestinienne, le Hamas, les Houthis, le Hezbollah libanais, la Syrie, l’Etat d’Israël, l’antisémitisme ainsi que la critique de certaines politiques occidentales.
L’Afrique du Sud entretient également des relations avec l’Iran. Les deux pays affichent régulièrement des positions convergentes sur plusieurs questions internationales. Pretoria s’est notamment montré très critique à l’égard de la politique israélienne à Gaza. Cette proximité politique ne signifie cependant pas que l’Afrique du Sud apporte un soutien militaire à Téhéran.
Le Soudan constitue un autre cas particulier. Après plusieurs années de rupture, Khartoum et Téhéran ont rétabli leurs relations diplomatiques. Les deux pays ont renoué des contacts dans le domaine sécuritaire. Cette évolution pourrait attirer davantage l’attention de Washington dans un contexte de durcissement de la politique américaine envers l’Iran. Téhéran fournit un appui en armements et en drones de combat aux forces régulières soudanaises pour les aider à faire face aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).
Dans le Sahel, l’Iran cherche également à développer sa présence diplomatique et économique. Le Niger, le Mali et le Burkina Faso, qui ont entrepris de diversifier leurs partenariats internationaux, constitueraient des interlocuteurs potentiels pour Téhéran. Les relations de l’Iran avec ces pays restent toutefois bien moins avancées qu’avec ses principaux partenaires en Orient et en Afrique du Nord.
Concernant la Tunisie, ce pays ne constitue pas un enjeu stratégique majeur pour Washington face à la menace iranienne. Si sa position géographique en Afrique du Nord lui confère une certaine importance régionale, Tunis, malgré son régime actuel pro-algérien, n’apparaît pas comme un théâtre déterminant dans l’affrontement entre Téhéran et Washington. En mai 2024, le président tunisien s’est rendu à Téhéran pour les funérailles du président iranien. C’était la première visite d’un dirigeant tunisien en Iran depuis 1965. La Tunisie a supprimé l’obligation de visa pour les ressortissants iraniens en juin 2024.
Pour la Mauritanie, le ministre iranien des Affaires étrangères, et son homologue mauritanien, se sont entretenus par téléphone sur les dernières évolutions régionales ainsi que sur les relations bilatérales entre les deux pays.
Le ministre iranien a souligné l’importance de renforcer la coopération entre les pays islamiques, notamment dans le cadre de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), afin de soutenir la Palestine et de contrer les initiatives israéliennes visant, selon lui, les intérêts du monde islamique.
De son côté, le mauritanien a transmis les salutations de son président à l’iranien. Il a également insisté sur le rôle important et influent de l’Iran au sein de l’OCI.
Les deux responsables ont enfin réaffirmé leur volonté de poursuivre le développement des relations bilatérales et de renforcer leur coopération ainsi que leur soutien mutuel au sein des instances internationales.
Pour l’administration américaine du président Donald Trump, la question centrale n’est pas nécessairement la proximité diplomatique avec Téhéran, mais plutôt la nature du soutien apporté à l’Iran. La fourniture d’armes, le transfert de technologies sensibles, le financement de réseaux liés à Téhéran ou encore l’aide au contournement des sanctions américaines pourraient exposer les Etats concernés à des mesures de rétorsion.
L’Afrique apparaît comme un nouvel espace de compétition diplomatique et géopolitique entre l’Iran et ses partenaires, d’une part, et les Etats-Unis et leurs alliés en Afrique, d’autre part.
