Le gouvernement sud-soudanais veut lever les derniers obstacles juridiques à la tenue des élections prévues le 22 décembre 2026. Le ministre de la Justice et des Affaires constitutionnelles, Wek Mamer Kuol, a ainsi soumis lundi au Parlement un projet d’amendement de la Constitution de transition.
Le texte prévoit notamment de dissocier le processus de rédaction d’une Constitution permanente et le recensement général de la population et de l’habitat du calendrier électoral. Les autorités pourraient ainsi organiser le scrutin sans attendre l’achèvement de ces deux chantiers.
Le projet avait été approuvé le 7 août par le Conseil des ministres, sous la présidence de Salva Kiir. Il s’inscrit dans le prolongement des modifications apportées en juillet à l’accord de paix de 2018 par le Parlement. Ces changements ont notamment supprimé l’exigence d’achever la Constitution permanente et le recensement national avant les élections.
Transmis à la commission des Lois et des Affaires juridiques, le texte doit désormais faire l’objet d’un examen approfondi. Le président de la commission parlementaire de l’Information, Oliver Mori Benjamin, a indiqué que ses conclusions étaient attendues dans un délai de 30 jours. L’amendement prévoit par ailleurs un mandat présidentiel de cinq ans.
Le pouvoir poursuit ses préparatifs électoraux malgré les contestations de l’opposition et les inquiétudes de la communauté internationale sur les conditions sécuritaires, la préparation du scrutin et l’application de l’accord de paix.
Le SPLM-IO, principal mouvement d’opposition, rejette le calendrier retenu et critique les modifications apportées à l’accord de 2018.
Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Norvège, l’Allemagne, la France, le Canada, le Japon, la Suisse, les Pays-Bas et l’Union européenne ont également dénoncé les changements unilatéraux de l’accord de paix et appelé les autorités à garantir un processus électoral plus inclusif.
