Niger : Tentative de coup d’Etat, l’Algérie au cœur des accusations

La capitale nigérienne Niamey restait sous haute tension samedi après plusieurs heures d’affrontements entre des militaires mutins et les forces restées fidèles au régime du général Abdourahamane Tiani. Deux casernes seraient toujours contrôlées par les mutins, dont l’une située au sein de la base aérienne 101, à proximité de l’aéroport international de Niamey.

Selon le ministre de la Défense, Salifou Mody, un groupe de soldats « en rupture avec le règlement militaire » avait retenu certains de leurs camarades dans la base 101 avant d’ouvrir le feu sur plusieurs « sites sensibles » de la capitale. Les autorités affirment avoir rapidement contenu le mouvement. Des sources sécuritaires et diplomatiques régionales estimaient toutefois, dans l’après-midi, que les mutins demeuraient retranchés dans deux casernes. Leurs revendications et l’ampleur de leurs soutiens restent inconnues.

Les affrontements ont notamment touché les secteurs de la présidence et de l’aéroport. Une tentative d’assaut contre le palais présidentiel aurait été repoussée par la garde présidentielle. Les accès à la présidence, à la télévision nationale et à la base 101 demeuraient fortement sécurisés.

Dans ce contexte, la position de l’Algérie est particulièrement scrutée. Dans un communiqué, le ministère algérien des Affaires étrangères a condamné les événements et assuré Niamey de sa « pleine solidarité » et de son « ferme soutien ». Ce soutien intervient alors que les relations entre Alger et Niamey se sont récemment rapprochées, après une période de fortes tensions entre le régime militaire algérien et les pays du Sahel.

Selon des diplomates présents dans la capitale nigérienne, des Certitudes portent sur une implication algérienne dans les événements.

La base 101 revêt une importance stratégique : elle abrite notamment des éléments russes d’Africa Corps ainsi que l’état-major de la force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES), formée par le Niger, le Mali et le Burkina Faso.

Arrivé au pouvoir en juillet 2023, le général Tiani a rompu avec l’ancien partenaire français et renforcé les liens de Niamey avec Moscou. Dans un Sahel marqué par les violences jihadistes et les rivalités diplomatiques, les événements de Niamey pourraient ainsi avoir des répercussions bien au-delà du Niger.

Le pouvoir nigérian accuse régulièrement l’ex-colonisateur français de financer les jihadistes pour le déstabiliser, ce que la France nie, alors que les différents services de renseignement accusent le régime militaire algérien et ses services sécuritaires de soutenir les organisations terroristes en Afrique et au Moyen-Orient.