Somalie : Une nouvelle offensive repoussée à Baidoa

Des forces fidèles d’Abdiaziz Laftagareen, gouverneur déchu de l’état somalien du Sud-Ouest, ont lancé jeudi à l’aube une nouvelle attaque contre Baidoa, grande ville stratégique de la région. L’offensive, qui a duré plusieurs heures, a finalement été repoussée par les forces fédérales, selon le gouvernement et plusieurs habitants.
Aucun bilan des affrontements n’était immédiatement disponible. Des témoins ont toutefois fait état de combats particulièrement violents dans plusieurs quartiers de la ville.
Le ministère somalien de la Défense affirme que l’armée a mis en échec, vers 04h15 locales, des milices pro-Laftagareen qui auraient coordonné leur action avec des combattants des shebab, groupe islamiste armé affilié à Al-Qaïda. Cette accusation n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.
Les partisans du gouverneur déchu ont, de leur côté, revendiqué la prise de certains secteurs de Baidoa et affirmé que les affrontements se poursuivaient. Des habitants interrogés ont cependant indiqué que les combattants avaient fini par se retirer et que les forces fédérales avaient repris le contrôle de la ville.
« Les affrontements ont duré environ six heures, mais la situation est désormais calme », a témoigné Hassan Mumin, précisant que les forces attaquantes avaient quitté les zones où elles avaient pénétré. Un autre résident, Mahdi Mohamed, a évoqué des combats « très intenses » ayant contraint les habitants à rester chez eux.
Il s’agit de la troisième offensive majeure menée par les partisans de Laftagareen contre Baidoa depuis mars, lorsque l’armée fédérale avait pris la ville et destitué le gouverneur dans un contexte de tensions grandissantes avec le pouvoir central.
Les autorités de Mogadiscio avaient contesté la réélection de Laftagareen, la jugeant illégitime. Celui-ci s’était également fermement opposé à une réforme constitutionnelle adoptée en mars, qui a notamment porté de quatre à cinq ans le mandat présidentiel.
Cette réforme a renforcé les tensions entre le président Hassan Sheikh Mohamud et plusieurs états fédérés, dont le Puntland et le Jubbaland, qui accusent le chef de l’État de chercher à renforcer le pouvoir central au détriment de leurs prérogatives.