Nigeria : Le retrait de 200 militaires américains ne remet pas en cause la coopération sécuritaire

L’armée nigériane a confirmé le départ du pays d’environ 200 militaires américains, tout en assurant que cette décision ne remet pas en question le partenariat sécuritaire entre Abuja et Washington.
Ces soldats avaient été déployés dans le cadre du renforcement de la coopération militaire bilatérale engagé depuis fin 2025, notamment pour soutenir les efforts du Nigeria face aux groupes jihadistes actifs dans le nord du pays.
« Le retrait d’environ 200 militaires américains ne doit pas être interprété comme une rupture ou la fin du partenariat sécuritaire entre les Etats-Unis et le Nigeria », a déclaré mardi à Abuja le porte-parole de l’armée nigériane, le général de division Samaila Uba.
Selon le responsable militaire, la collaboration entre les deux pays continue de porter sur plusieurs volets, notamment le partage de renseignements, la formation des forces nigérianes, l’assistance technique et d’autres formes de coopération. Il a insisté sur le fait que la sécurité du territoire et la protection de la population demeurent avant tout de la responsabilité des forces nigérianes.
Le retrait intervient après une série d’initiatives destinées à intensifier la coopération antiterroriste. Début février, le Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) avait annoncé la présence d’un petit contingent au Nigeria, quelques mois après le soutien apporté par Washington à des frappes contre le groupe État islamique en décembre 2025.
Une centaine de militaires américains avaient ensuite été officiellement annoncés par Abuja. Principalement chargés de missions de formation et de conseil, ils n’étaient pas déployés en tant que forces combattantes.
Les deux pays avaient également décidé, en novembre, de mettre en place un groupe de travail conjoint consacré notamment au renseignement, à la formation et aux opérations antiterroristes.
Cette coopération s’inscrit toutefois dans un contexte diplomatique parfois tendu. Le président américain Donald Trump avait accusé les autorités nigérianes de ne pas empêcher des violences visant prétendument des chrétiens et évoqué une possible intervention militaire. Abuja avait rejeté ces accusations.
Sur le terrain, le Nigeria reste confronté à une importante menace jihadiste. Boko Haram mène des attaques dans le nord-est depuis 2009, tandis que l’ISWAP, issu d’une scission du groupe, y est également actif depuis 2016. Dans le nord-ouest, le groupe Lakurawa, soupçonné de liens avec l’Etat islamique au Sahel, opère notamment dans les Etats de Kebbi et de Sokoto.