Le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) ont conclu un accord technique en vue d’un nouveau programme de financement de 2,2 milliards de dollars sur la période 2026-2029. Cette enveloppe, accordée dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC), doit encore recevoir l’aval du conseil d’administration de l’institution.
L’accord intervient alors que le pays traverse une situation financière particulièrement tendue. La dette publique sénégalaise avait atteint 132 % du PIB à fin 2024, tandis que la hausse du coût de la vie alimente les difficultés économiques des ménages.
Le ministre des Finances, Cheikh Diba, s’est félicité de cet accord, estimant qu’il ouvre de nouvelles perspectives de financement pour le pays. Mais la conclusion définitive du programme reste conditionnée à l’obtention des garanties financières nécessaires auprès des partenaires du Sénégal.
Le FMI réclame également des « mesures correctives résolues » en lien avec les déclarations erronées de données financières. Les autorités actuelles accusent l’ancien régime de Macky Sall d’avoir sous-évalué certains indicateurs essentiels, notamment le déficit budgétaire et le niveau réel de la dette. Ces révélations avaient conduit le FMI à suspendre, en 2024, son précédent programme de 1,8 milliard de dollars conclu en 2023.
Privé de cet appui, Dakar s’était davantage tourné vers le marché financier régional, au prix de conditions d’emprunt élevées. Les négociations avec le FMI pour un nouveau programme avaient finalement débuté en octobre 2025.
L’institution estime que le futur accord doit accompagner les réformes économiques et financières engagées par les autorités sénégalaises. Celles-ci ont par ailleurs annoncé un « Plan de traitement de la dette du Sénégal » destiné à accroître les marges budgétaires. Le ministre des Finances assure qu’il ne s’agit pas d’une restructuration classique, mais d’une stratégie adaptée aux spécificités du pays.
Le dossier suscite toutefois des interrogations. Ousmane Sonko, qui réclame davantage de transparence, a demandé des précisions sur le traitement envisagé pour la dette et promis un débat parlementaire sur les engagements qui en découleront.
Malgré ces contraintes, le FMI souligne la résilience de l’économie sénégalaise, dont la croissance a atteint 6,7 % en 2025, portée notamment par la première année complète de production pétrolière. Le programme devrait également faciliter la mobilisation de financements auprès de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et d’autres partenaires.
Sénégal : Le FMI ouvre la voie à un programme d’aide de 2,2 milliards de dollars
