Algérie : Une caserne du Tanezrouft transformée en prison de la mort

L’Algérie prévoit de transformer une ancienne caserne militaire située dans le Tanezrouft, dans l’extrême sud-ouest du pays, en établissement pénitentiaire de haute sécurité destiné aux principaux trafiquants de drogue, a annoncé mercredi la présidence.

La décision a été prise lors d’une réunion du Haut Conseil de sécurité présidée par le président Abdelmadjid Tebboune et le général Saïd Chengriha. Selon un communiqué officiel, cette future prison accueillera notamment les « barons de la drogue et les trafiquants ». Aucun calendrier ni détail sur les capacités de l’établissement n’a été communiqué.

Les autorités ont également annoncé la création d’une structure spécialisée dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, inspirée notamment du modèle de la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine.

Situé aux confins du Sahara, à proximité de la frontière malienne, le Tanezrouft est une région désertique presque inhabitée, réputée pour ses conditions climatiques extrêmes. Les températures peuvent y dépasser 50 °C durant l’été. Surnommé le « pays de la soif », ce territoire figure parmi les zones les plus isolées et difficiles d’accès du Sahara.

Cette mesure soulève des inquiétudes chez plusieurs observateurs occidentaux, notamment face au durcissement de la politique pénale et aux perspectives de rétablissement de la peine de mort. Certains critiques redoutent que le renforcement du dispositif sécuritaire ne soit davantage utilisé contre les opposants politiques et les voix dissidentes que contre les auteurs de crimes et de trafics.

Ces inquiétudes interviennent dans un contexte où des organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement les restrictions visant les libertés publiques et considèrent l’Algérie comme une grande prison à ciel ouvert.

Les autorités, de leur côté, présentent ces mesures comme nécessaires pour lutter contre la criminalité organisée et préserver la sécurité nationale.