Erythrée : Asmara accuse Addis-Abeba de déstabiliser la région

Les tensions continuent de monter entre l’Erythrée et l’Ethiopie. Asmara a accusé samedi son voisin de contribuer à la « déstabilisation de la Corne de l’Afrique », sur fond de relations de plus en plus tendues entre les deux pays, faisant resurgir le spectre d’un nouveau conflit.

Les relations entre les deux Etats ont été marquées par une longue histoire de rivalités. Ancienne colonie italienne, l’Erythrée avait progressivement été intégrée à l’Éthiopie dans les années 1950, avant d’obtenir son indépendance en 1993, au terme de plusieurs décennies de lutte armée.

Cinq ans plus tard, les deux pays entraient de nouveau en guerre. Le conflit, qui s’est déroulé entre 1998 et 2000, notamment autour de différends territoriaux, a fait des dizaines de milliers de victimes. Il a été suivi de près de deux décennies de relations particulièrement tendues.

Une nouvelle page s’était ouverte en 2018 avec l’arrivée au pouvoir d’Abiy Ahmed en Ethiopie. Les deux pays avaient alors rétabli leurs relations, une réconciliation qui avait largement contribué à l’attribution du prix Nobel de la paix au Premier ministre éthiopien en 2019.

Mais cette détente n’aura été que de courte durée. Les forces érythréennes avaient combattu aux côtés de l’armée fédérale éthiopienne pendant la guerre du Tigré. Depuis la fin du conflit, en novembre 2022, les relations entre Asmara et Addis-Abeba se sont à nouveau fortement détériorées.

L’Erythrée reproche notamment à l’Ethiopie, pays enclavé, de convoiter le port d’Assab, situé sur la côte érythréenne et considéré comme un point stratégique majeur dans la région.

Dans un communiqué, le ministère érythréen des Affaires étrangères a directement mis en cause le Parti de la prospérité (PP), formation politique du Premier ministre Abiy Ahmed.

Selon Asmara, le parti au pouvoir « déstabilise activement la Corne de l’Afrique ». Les autorités érythréennes accusent également Addis-Abeba d’avoir intensifié, depuis plusieurs années, sa rhétorique militaire, de remettre en question certains accords internationaux et de soutenir des groupes armés opposés au régime érythréen.