Des combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ont lancé jeudi une attaque contre le camp militaire de Dioura, dans la région de Mopti, au centre du Mali. Les affrontements se poursuivaient dans la soirée, selon l’armée malienne et plusieurs sources locales.
Dans un communiqué, les Forces armées maliennes (FAMa) ont indiqué mener des « opérations aéroterrestres » contre les assaillants. L’armée fait état, à titre provisoire, de « plusieurs dizaines de terroristes neutralisés » et de plusieurs pick-up détruits.
Plus tôt dans la journée, le colonel-major Bakary Bocar Maïga, directeur des relations publiques des armées, avait décrit l’offensive comme une attaque « complexe », affirmant que les forces aériennes et terrestres maliennes avaient riposté avec vigueur.
Des habitants de Dioura ont rapporté de violents échanges de tirs autour de cette importante base avancée, utilisée par l’armée pour ses opérations dans le centre du pays. Un témoin a raconté avoir entendu des tirs nourris dès le matin avant de voir plusieurs véhicules militaires quitter précipitamment le camp. Un autre a affirmé que des assaillants étaient parvenus à pénétrer dans la caserne, tandis que l’aviation malienne survolait les environs.
Le JNIM a, de son côté, revendiqué rapidement le « contrôle total » de la caserne via ses canaux habituels. L’armée malienne affirme toutefois que la situation était sous contrôle, avec l’appui de ses partenaires russes de l’Africa Corps.
Les FAMa ont également annoncé avoir ciblé avec succès deux bases de groupes armés dans la région de San, également dans le centre du Mali, les accusant d’être impliqués dans de récentes attaques.
Le camp de Dioura a déjà été pris pour cible à plusieurs reprises par le JNIM et le Front de libération de l’Azawad (FLA). En mai 2025, le groupe jihadiste avait notamment revendiqué la mort d’une quarantaine de soldats lors d’une attaque contre cette position.
Le Mali reste confronté à une profonde crise sécuritaire depuis 2012, marquée par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique, ainsi que par les activités de groupes criminels et séparatistes. Au pouvoir depuis les coups d’État de 2020 et 2021, les militaires maliens peinent toujours à mettre un terme à l’insécurité malgré leur engagement à restaurer l’intégrité territoriale du pays.
