Sénégal : Un site de la rébellion casamançaise démantelé, 30 personnes interpellées

Les forces de sécurité sénégalaises ont démantelé mardi un site emblématique de la rébellion indépendantiste en Casamance et interpellé 30 personnes lors d’une opération menée à Ziguinchor, dans le sud du pays, a indiqué mercredi à l’AFP une source sécuritaire.

Situé à la périphérie de Ziguinchor, ce site servait de quartier général au Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), engagé depuis décembre 1982 dans une lutte pour l’indépendance de cette région méridionale, séparée du reste du Sénégal par la Gambie.

L’opération a été menée conjointement par l’armée et la gendarmerie au siège de l’aile politique du mouvement, fragmenté en plusieurs factions, selon des médias sénégalais. Des téléphones portables, des documents, des drapeaux du MFDC ainsi que divers objets ont été saisis, rapportent ces mêmes sources.

« Le site a été effectivement démantelé » mardi après-midi et les 30 personnes présentes ont été interpellées par la gendarmerie, a confirmé mercredi à l’AFP une source sécuritaire, sans fournir davantage de précisions. L’intervention avait également été rapportée par la presse locale.

La Casamance est en proie à l’un des conflits les plus anciens du continent africain. La rébellion a pris forme après la répression, en décembre 1982, d’une marche organisée par le MFDC. Des indépendantistes avaient alors rejoint le maquis, disposant à l’époque d’un armement rudimentaire.

Le conflit a depuis fait des milliers de victimes et lourdement affecté l’économie de cette région. S’il s’est nettement atténué au fil des années, des violences sporadiques continuent de se produire.

Le démantèlement du site intervient quelques jours après la date anniversaire de la mort d’Abdou Elinkine Diatta, une figure de la rébellion tuée le 27 octobre 2019 par des hommes armés près de Ziguinchor. Le lieu accueillait régulièrement des rencontres et des cérémonies consacrées à la mémoire des responsables et combattants disparus du mouvement. Des photographies de figures historiques et des symboles de la rébellion étaient notamment exposés sur ses murs.

Affaiblis ces dernières années et confrontés à des divisions internes, les rebelles casamançais se sont souvent repliés dans les pays voisins, notamment en Gambie et en Guinée-Bissau. Certaines factions sont par ailleurs accusées de se livrer à des activités de trafic de bois et de chanvre.