Tchad : 72 militaires blessés dans les violents affrontements au Tibesti

Au moins 72 militaires blessés dans des affrontements avec une milice locale au Tibesti, dans le nord-ouest du Tchad, ont été transférés ces derniers jours vers N’Djamena, selon une source sécuritaire. Les combats se poursuivent depuis une attaque survenue le 14 octobre dans cette région riche en or.

Situé aux confins de la Libye et du Niger, le Tibesti est régulièrement secoué par des tensions liées à l’exploitation de ses importantes réserves aurifères. Depuis l’indépendance du Tchad en 1960, la zone attire de nombreux orpailleurs clandestins, originaires notamment du Tchad, du Soudan et d’autres pays africains, ainsi que des forces de sécurité.

« Depuis le déclenchement des hostilités, les forces gouvernementales déplorent 72 blessés transférés à l’hôpital militaire de N’Djamena », a indiqué mercredi une source militaire sous couvert d’anonymat. Les autorités tchadiennes n’ont, pour leur part, pas encore communiqué officiellement sur les affrontements.

À Miski, localité située à environ 200 kilomètres de Bardaï, chef-lieu de la province, la situation reste particulièrement tendue. Le Comité d’autodéfense local, qui contrôle la zone depuis plusieurs années, affirme que l’armée a subi d’importantes pertes humaines et matérielles.

Le 14 octobre, une attaque attribuée à ce comité a coûté la vie à deux membres de la Brigade minière, une force de sécurité relevant du ministère des Mines. Neuf autres ont été blessés.

Le Comité d’autodéfense reproche à cette brigade d’avoir relancé des activités d’exploitation aurifère et des prélèvements auprès des orpailleurs, en violation, selon lui, de l’accord de paix conclu avec les autorités en 2025. Il appelle à la démilitarisation de Miski et à la reprise du dialogue.

La semaine dernière, quatre personnes soupçonnées d’avoir participé à l’attaque du 14 octobre ont été interpellées, selon un responsable militaire cité à la télévision nationale.

L’accord de paix de 2025 prévoit notamment une amnistie pour les membres des forces de sécurité et du Comité impliqués dans les affrontements de 2019 et 2020. Il prévoit également l’annulation des permis miniers et la suspension des activités d’exploitation dans la zone, dans l’attente d’études cartographiques.

Un précédent accord avait été signé en 2019 sous la présidence d’Idriss Déby Itno, père de l’actuel chef de l’Etat, Mahamat Idriss Déby, mais n’avait jamais été appliqué.