La Russie et les pays africains affichent leur volonté de renforcer leur partenariat économique et technologique, avec pour priorités la transformation locale des matières premières, le développement des investissements productifs et la consolidation de la souveraineté économique du continent. Ces ambitions ont été mises en avant mercredi à Moscou, à l’occasion du Forum économique et humanitaire Russie-Afrique.
Lors de la séance plénière, le président russe, Vladimir Poutine, a appelé à intensifier les échanges commerciaux et à multiplier les projets conjoints dans des secteurs stratégiques, notamment l’énergie, l’agriculture, les transports, l’industrie et les technologies.
Il a souligné la place croissante de l’Afrique sur la scène internationale, estimant que le continent s’affirmait comme « l’un des pôles de l’économie et de la politique mondiales ». Il a également salué la volonté des États africains de défendre leurs intérêts et de déterminer eux-mêmes leurs trajectoires de développement.
Sur le plan commercial, Vladimir Poutine a indiqué que les échanges de marchandises entre la Russie et l’Afrique avaient dépassé 27 milliards de dollars en 2025, contre 18 milliards en 2022. Moscou ambitionne de porter ce volume à plus de 50 milliards de dollars dans un avenir proche, soit au moins le double du niveau actuel.
Le chef de l’Etat russe a par ailleurs proposé de partager avec les partenaires africains l’expertise de son pays dans les domaines de la numérisation, de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité.
De son côté, le président burundais et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, a plaidé pour un partenariat qui permette au continent de sortir de son rôle traditionnel de fournisseur de matières premières.
« L’Afrique veut participer pleinement au choix des orientations communes, mais nous ne voulons pas être uniquement une source de ressources. Nous voulons être un acteur à part entière, participer aux processus de transformation et d’innovation », a-t-il déclaré.
Il a insisté sur la nécessité d’accompagner l’exploitation des ressources naturelles par des investissements dans la transformation locale, la création d’emplois et le transfert de technologies, tout en préservant l’environnement et les intérêts des générations futures.
Pour le dirigeant burundais, le forum doit déboucher sur des résultats concrets, notamment des contrats d’investissement et des initiatives humanitaires susceptibles d’améliorer directement les conditions de vie des populations.
Organisé les 28 et 29 octobre en parallèle du troisième Sommet Russie-Afrique, le forum réunit des représentants des gouvernements, des entreprises et des institutions des deux parties. Plus de 40 sessions sont consacrées au commerce, aux investissements et au transfert de technologies.
Les travaux doivent également contribuer à l’élaboration du plan d’action du Forum de partenariat Russie-Afrique pour la période 2027-2029, qui définira les principales orientations de leur coopération au cours des prochaines années.
