Face à la menace d’une propagation du virus Ebola depuis la République démocratique du Congo (RDC), la République centrafricaine (RCA) a renforcé les contrôles sanitaires le long de la rivière Oubangui, qui sépare les deux pays et constitue un important axe de circulation des voyageurs et des marchandises.
Au débarcadère de M’Poko Bac, dans la commune de Bimbo, près de Bangui, les voyageurs arrivant de RDC sont soumis à un protocole sanitaire comprenant le lavage des mains, la prise de température et l’enregistrement de leurs informations. Des agents de santé assurent également leur sensibilisation aux mesures de prévention.
Les inquiétudes sont d’autant plus fortes que le virus circule dans trois régions congolaises situées le long des plus de 1.500 kilomètres de frontière séparant les deux pays.
Sur les rives de l’Oubangui, les activités économiques se poursuivent néanmoins. Pêcheurs, transporteurs en pirogue, vendeuses de poissons et travailleurs du sable dépendent quotidiennement des échanges entre les deux territoires.
Cette proximité suscite de vives préoccupations parmi les populations locales. Les professionnels du transport fluvial redoutent notamment d’être exposés au virus à travers les passagers qu’ils acheminent depuis la RDC. Les vendeuses de poisson craignent également pour leur santé et celle de leurs familles, appelant les autorités à renforcer les dispositifs de protection.
Face à ces risques, Bangui a multiplié les mesures de surveillance aux points de passage frontaliers. Des équipes associant personnels de santé, douaniers, forces de sécurité, protection civile et agents des eaux et forêts assurent le contrôle des voyageurs, à l’entrée comme à la sortie du territoire. Les passagers doivent notamment répondre à un questionnaire sanitaire et se soumettre à une vérification de leur température.
Les autorités ont également lancé des campagnes de sensibilisation mobilisant les chefs de quartier, les responsables communautaires et les leaders religieux afin de diffuser les consignes de prévention.
Bien qu’aucun cas n’ait été signalé en Centrafrique, le ministère de la Santé reconnaît la nécessité de maintenir une vigilance permanente et de préparer le pays à une éventuelle introduction du virus.
Cette mobilisation intervient alors que l’épidémie déclarée en RDC le 15 mai continue de susciter des inquiétudes régionales. Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels des personnes infectées et peut provoquer une grave fièvre hémorragique. La prévention et la détection précoce demeurent essentielles pour limiter sa propagation.
