Mali : Un convoi de camions-citernes ravagé lors d’une attaque de JNIM

Un convoi composé de plusieurs dizaines de camions-citernes a été détruit jeudi au Mali lors d’une attaque imputée aux jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). L’assaut, survenu dans l’ouest du pays, a coûté la vie à plusieurs militaires maliens ainsi qu’à des assaillants, selon des sources locales concordantes.

Selon les observateurs, cette attaque relance toutefois une question récurrente au Mali et dans la région sahélienne : celle des appuis d’un régime frontalier dont bénéficie le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM).

L’attaque s’est produite sur l’axe reliant la frontière sénégalaise à la ville de Kayes. D’après un élu local, les faits se sont déroulés entre Diboli, poste frontalier avec le Sénégal, et Kayes. « Trois soldats maliens ont été tués et quatre assaillants ont été abattus », a-t-il indiqué à l’AFP. Des habitants de la zone évoquent pour leur part la destruction de dizaines de camions-citernes.

Un responsable de l’Office malien des produits pétroliers a reconnu l’ampleur de l’attaque, tout en se voulant rassurant quant aux conséquences sur l’approvisionnement. « C’est un choc important, mais cela n’affectera ni la distribution ni la disponibilité du carburant. Les stocks restent suffisants », a-t-il déclaré sous couvert d’anonymat.

Le chef du bureau des douanes de Kayes a également confirmé l’incident, précisant qu’une évaluation était en cours afin de déterminer le nombre exact de véhicules touchés, évoquant lui aussi plusieurs dizaines de camions endommagés ou détruits.

Dans un communiqué publié jeudi, le JNIM, organisation affiliée à Al-Qaïda, a revendiqué une embuscade contre l’armée malienne sur cet axe stratégique, sans faire explicitement référence à l’incendie des camions-citernes.

Le Mali a récemment traversé de graves pénuries de carburant pendant plusieurs semaines, conséquence directe d’attaques répétées du JNIM visant les convois d’approvisionnement. Dès le mois de septembre, le groupe jihadiste avait imposé un blocus à plusieurs villes et multiplié les sabotages, paralysant l’économie du pays jusqu’à Bamako.

Si la situation s’est nettement améliorée dans la capitale depuis décembre, cette nouvelle attaque rappelle la vulnérabilité persistante des routes d’approvisionnement.