Mali : Bamako vise 1450 milliards FCFA de financements en 2026

Le Mali ambitionne de mobiliser 1 450 milliards de francs CFA sur le marché régional des titres publics en 2026. Cette projection figure dans le calendrier officiel des émissions présenté mardi par le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou.

Le programme de levée de fonds pour l’an prochain est structuré en quatre phases réparties sur l’année : 340 milliards de FCFA au premier trimestre, 400 milliards au deuxième, 430 milliards au troisième et 280 milliards au dernier trimestre.

Cette annonce s’inscrit dans la continuité d’une année 2025 marquée par une activité soutenue. Selon les données officielles dévoilées lors de la cérémonie, l’État malien a levé 1 193 milliards de FCFA à travers 34 opérations sur le marché régional. Dans le même temps, le marché de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a enregistré un volume global d’émissions de 11 858 milliards de FCFA, en hausse de 46 % par rapport à l’année précédente.

Pour le directeur national du Trésor, Siaka Samaké, cette dynamique d’endettement demeure maîtrisée. Il a souligné que la stratégie suivie vise à préserver la soutenabilité des finances publiques. « En 2025, le Mali a mobilisé 1 193 milliards de FCFA tout en maintenant un encours de dette projeté à 43 % du PIB à fin 2026, largement en dessous du seuil communautaire fixé à 70 % », a-t-il indiqué.

De son côté, le ministre Alousséni Sanou a rappelé que l’agence Bloomfield avait confirmé la notation financière du Mali, avec une note A3 à court terme et BBB à long terme, assortie de perspectives stables.

La présidente de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Mali (APBEF-Mali), Aïssata Koné Sidibé, a mis en avant le rôle central du secteur bancaire national. En 2025, les banques maliennes ont souscrit 58 % des titres émis par l’État, soit environ 686 milliards de FCFA. Elle a réitéré l’engagement du secteur à accompagner la stratégie de financement prévue pour 2026.

Toutefois, les projections régionales restent plus prudentes. La directrice générale d’UMOA-Titres, Oulimata N’Diaye Diassé, a évalué les capacités de financement du Mali en 2026 à environ 1 180 milliards de FCFA, un niveau inférieur à l’objectif fixé par les autorités. Face à cet écart, le ministre Sanou a appelé à « une mobilisation accrue » des investisseurs afin de permettre à l’État d’atteindre la cible de 1 450 milliards de FCFA.

La cérémonie s’est achevée par la distinction des principaux investisseurs de l’année 2025 sur la dette souveraine malienne. La Banque de Développement du Mali (BDM-SA) s’est classée en tête, suivie de la Banque Malienne de Solidarité (BMS-SA) et de la Banque Nationale de Développement Agricole (BNDA), selon l’agence de presse malienne.