Un hôpital de Médecins sans frontières (MSF) situé dans le centre-est du Soudan du Sud a été la cible d’une attaque aérienne attribuée aux forces gouvernementales dans la nuit de mardi à mercredi, a annoncé l’organisation humanitaire.
Dans un communiqué, MSF précise que son hôpital de Lankien, dans l’Etat de Jonglei, a été touché par une frappe survenue dans la nuit du mardi 3 février 2026. Un membre du personnel a été légèrement blessé, tandis que les patients et les équipes avaient été évacués plusieurs heures plus tôt, après que l’ONG a été alertée d’une menace imminente.
L’attaque a provoqué d’importants dégâts matériels. L’entrepôt principal de l’hôpital a été entièrement détruit, entraînant la perte de la majorité des fournitures médicales indispensables aux soins, a indiqué MSF.
L’organisation a également signalé qu’un autre de ses établissements, le centre de santé de Pieri, toujours dans l’Etat de Jonglei, a été pillé dans l’après-midi du même jour par des individus non identifiés. À la suite de ces incidents, les équipes de MSF présentes à Lankien et à Pieri ont fui avec les populations locales. Leur situation et leur localisation demeurent inconnues à ce stade.
Cité dans le communiqué, le responsable des opérations de MSF au Soudan du Sud, Gul Badshah, a dénoncé des attaques inacceptables, rappelant que les coordonnées GPS de toutes les installations de l’ONG avaient été transmises aux autorités et aux différentes parties au conflit. Il a également souligné que seules les forces gouvernementales disposent de capacités de frappes aériennes dans le pays.
MSF souligne qu’elle était l’unique prestataire de soins pour environ 250000 personnes à Lankien et à Pieri, et que ces attaques privent désormais les populations locales de tout accès aux services de santé. L’ONG affirme qu’elle prendra les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de son personnel et de ses structures, rappelant avoir subi huit attaques ciblées en 2025 au Soudan du Sud.
Ces événements interviennent dans un contexte de recrudescence des violences entre les camps du président Salva Kiir et de son rival Riek Machar, notamment dans l’Etat de Jonglei, où au moins 280000 personnes ont été déplacées, selon les Nations unies.
