Soutenu par le président sortant Patrice Talon, qui quitte le pouvoir après deux mandats, le ministre des Finances Romuald Wadagni apparaît comme le favori incontesté de l’élection présidentielle prévue dimanche. Ce scrutin intervient dans un contexte marqué par une croissance économique soutenue, mais aussi par une montée des menaces jihadistes dans le nord du pays.
Respectant la Constitution qu’il n’a pas modifiée pour se maintenir au pouvoir, Patrice Talon s’apprête à céder sa place après dix années de réformes profondes, durant lesquelles l’opposition s’est progressivement affaiblie.
Face à Romuald Wadagni, âgé de 49 ans et appuyé par les principales formations politiques, un seul candidat est en lice : Paul Hounkpè, ancien ministre de la Culture, souvent décrit comme un opposant modéré.
Dans la capitale économique Cotonou, la campagne électorale suscite peu d’enthousiasme. Beaucoup considèrent que l’issue du vote ne fait guère de doute, ce qui place la participation au cœur des enjeux.
Certains observateurs dénoncent un manque de véritable compétition. Pour eux, la candidature de Paul Hounkpè apparaît davantage symbolique. Des analystes soulignent également que ce dernier a pu se présenter grâce au soutien d’élus proches du pouvoir, contrairement à d’autres figures de l’opposition.
Le principal parti opposé au pouvoir, Les Démocrates, est d’ailleurs absent de cette élection, fragilisé par des divisions internes. Plusieurs de ses cadres ont récemment rejoint le camp du favori, renforçant encore son avance.
Le futur président, qui sera élu pour un mandat de sept ans, devra faire face à des défis sécuritaires majeurs. Le nord du pays est confronté à une intensification des attaques jihadistes visant les forces armées. Une situation compliquée par le manque de coopération avec les pays voisins, notamment le Niger et le Burkina Faso, eux-mêmes en proie à de graves crises sécuritaires et critiques à l’égard du Bénin.
