Plus de quarante personnes auraient été tuées depuis le début de la semaine dans plusieurs villages isolés du nord-ouest du Nigeria, à la suite d’attaques menées par des assaillants jihadistes, selon des témoignages recueillis mercredi auprès d’habitants et de responsables locaux. Le pays fait face à une intensification des violences dans ses régions septentrionales, majoritairement musulmanes.
Les raids, survenus de manière successive depuis dimanche soir, ont touché au moins huit localités de l’État de Kebbi ainsi qu’un village situé dans l’État voisin du Niger. Des responsables religieux chrétiens ont confirmé ces informations à l’AFP, évoquant un bilan humain particulièrement lourd.
Les autorités policières ont, de leur côté, reconnu l’existence de ces attaques sans toutefois avancer de chiffres précis concernant les victimes. A ce stade, aucune revendication n’a été formulée, mais les forces de l’ordre et des habitants pointent du doigt un groupe jihadiste local connu sous le nom de Mahmuda.
Selon un responsable religieux ayant requis l’anonymat pour des raisons de sécurité, le bilan pourrait dépasser les 40 morts, dont au moins 24 personnes tuées dans les zones où vivent ses fidèles. Un autre acteur religieux évoque également une quarantaine de victimes, précisant que les assaillants ont tiré sans distinction.
« Ils ont tué tout le monde à vue », a-t-il affirmé, décrivant des attaques indifférenciées ayant frappé aussi bien des chrétiens que des musulmans et des adeptes de religions traditionnelles. Les assaillants auraient également incendié des habitations, des lieux de culte, des greniers, et attaqué du bétail.
Les violences, qui se seraient étalées sur environ trois jours, empêchent encore les habitants de procéder aux enterrements des victimes, selon ces mêmes sources. Face à la situation, près de 500 personnes auraient fui leurs villages pour se réfugier dans des églises et des établissements scolaires de la ville de Yauri, dans l’État de Kebbi.
Frontalière du Bénin et du Niger, la région de Kebbi est confrontée depuis 2025 à une multiplication des attaques attribuées à des groupes armés. Le groupe Mahmuda, actif dans le nord-ouest du pays, serait lié à un responsable affilié à une faction issue de Boko Haram, elle-même associée à Al-Qaïda au Maghreb islamique.
