Le Front de libération de l’Azawad (FLA), coalition rebelle à dominante touarègue, a affirmé samedi avoir pris le « contrôle total » de la ville de Kidal, dans le nord du Mali.
Dans un communiqué, son bureau exécutif indique que cette opération a été menée « en partenariat avec Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) », un groupe terroriste affilié à Al-Qaïda, et s’inscrit dans une stratégie plus large de conquête territoriale à l’échelle du pays.
Plusieurs observateurs estiment que l’évolution de la situation à Bamako sera déterminante pour l’ensemble de la région.
Une éventuelle chute de la capitale malienne ferait peser un risque accru de déstabilisation sur les pays voisins, en particulier le Niger et le Burkina Faso, réunis dans l’Alliance des Etats du Sahel (AES), confrontés à des insurrections armées et à une fragilité sécuritaire persistante.
Les autorités maliennes ont fait état d’attaques coordonnées menées par des groupes armés contre plusieurs villes. Ces assauts auraient fait 16 blessés parmi les civils et les militaires. Le gouvernement affirme que les forces de sécurité ont réussi à contenir les attaques à Bamako, Kati, Sévaré, Gao et Kidal, neutralisant plusieurs assaillants et reprenant le contrôle des zones visées, une version qui n’a pas, à ce stade, été confirmée de manière indépendante.
Selon des sources algériennes, le Front de libération de l’Azawad et le JNIM sont équipés et encadrés par des militaires du général Saïd Chengriha ainsi que ses mercenaires de l’unité spéciale KL-7 ou Khalid ibn al-Walid.
Dans ce contexte de forte instabilité, le ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara, aurait été tué aux côtés de son épouse. Le président de la transition, le général Assimi Goïta, aurait quant à lui été exfiltré samedi de Kati et se trouverait désormais « en lieu sûr », dans un camp des forces spéciales situé près de Bamako.
D’après des sources sécuritaires, le chef des services de renseignement, le général Modibo Koné, a été blessé par balle lors des attaques à Kati, tout comme le chef d’état-major général des armées, le général Oumar Diarra.
Dimanche, des combats auraient repris à Kidal, où les forces rebelles cherchent à déloger les soldats russes retranchés dans un camp. Les rebelles touaregs ont toutefois indiqué avoir conclu un « accord » permettant le retrait des éléments de l’Africa Corps, affirmant contrôler désormais totalement la ville.
Sur la scène internationale, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a condamné « l’extrémisme violent » à l’origine des attaques contre l’armée malienne. Il a appelé à « un soutien international coordonné » pour faire face à la menace croissante du terrorisme au Sahel et répondre aux besoins humanitaires urgents.
L’Union européenne a, de son côté, « fermement condamné les attaques terroristes » perpétrées samedi au Mali, exprimant sa solidarité avec le peuple malien dans un communiqué publié dimanche.
