Algérie : L’écrivain Kamel Daoud condamné à trois ans de prison par contumace

L’écrivain franco-algérien Kamel Daoud a été condamné à trois ans de prison ferme par le tribunal de Fraoussen, près d’Oran, dans l’ouest de l’Algérie. La décision, rendue par contumace, s’accompagne d’une amende de cinq millions de dinars.

Cette condamnation fait suite à une plainte déposée par une association de victimes du terrorisme liée à la période de la guerre civile (1991-2002). Elle s’appuie sur des dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale adoptée en 2005, qui encadre strictement l’évocation de cette décennie.

Au centre de l’affaire, le roman « Houris », récompensé par le prix Goncourt en 2024, dans lequel l’auteur raconte le parcours d’une survivante des violences des années 1990. Les plaignants reprochent à l’écrivain d’avoir porté atteinte à la mémoire des victimes et d’avoir exploité leurs souffrances.

L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée fin 2024, accusant également l’auteur et son épouse d’avoir utilisé l’histoire d’une patiente sans son consentement. Une procédure distincte est par ailleurs en cours en France pour atteinte à la vie privée.

Réagissant sur le réseau social X, Kamel Daoud a dénoncé une décision qu’il juge injuste, estimant que la loi invoquée n’a « aucune valeur internationale ». Il a également regretté que les crimes de la guerre civile n’aient jamais fait l’objet de véritables poursuites.

En France, Boualem Sansal a vivement critiqué ce jugement, y voyant une volonté de restreindre la liberté d’expression. Il a dénoncé une décision qui, selon lui, s’inscrit dans une logique d’intimidation visant les intellectuels.

A ce stade, les autorités algériennes n’ont pas officiellement réagi à cette condamnation, qui suscite déjà de vives réactions dans les milieux littéraires.