Niger : Le gouvernement mise sur de nouvelles infrastructures pétrolières et gazières pour renforcer sa sécurité énergétique

Le Niger entend accélérer le développement de son secteur pétrolier en renforçant ses capacités de stockage, en modernisant ses infrastructures et en améliorant la gouvernance du secteur. C’est ce qu’a annoncé le ministre du Pétrole, Hamadou Tini, lors d’un entretien accordé à la télévision nationale.

Parmi les principales mesures annoncées figure l’augmentation des capacités nationales de stockage des produits pétroliers et gaziers. Des accords ont déjà été conclus avec des partenaires algériens pour la construction de nouvelles sphères de stockage de gaz, notamment dans la région d’Agadez. Des discussions sont également en cours pour la création de nouveaux dépôts pétroliers dans plusieurs localités du pays afin de moderniser des infrastructures vieillissantes et réduire les déficits de stockage, particulièrement à Zinder.

Le gouvernement souhaite attirer davantage d’investissements privés tout en maintenant une participation de la Société Nigérienne des Produits Pétroliers (SONIDEP) dans les futurs projets. Selon le ministre, l’objectif est de porter progressivement les réserves stratégiques nationales à deux ou trois mois de consommation grâce à un système articulé autour des stations-service, des dépôts régionaux et des installations de la Société de Raffinage de Zinder (SORAZ). Un partenariat a notamment été signé avec Nafal pour le développement de nouvelles stations-service.

Sur le plan de la gouvernance, plusieurs audits sont en préparation. Ils porteront notamment sur les coûts du pipeline d’exportation Niger-Bénin, les contrats pétroliers et les mécanismes de valorisation du brut nigérien. Les résultats de ces évaluations devraient contribuer à l’élaboration d’un nouveau Code des hydrocarbures attendu en 2027. Le ministre a assuré que leurs conclusions seront rendues publiques dans un souci de transparence.

Par ailleurs, le gouvernement a décidé de privilégier la construction d’une raffinerie classique à Dosso, abandonnant l’option initiale d’une raffinerie modulaire. Le projet, qui inclut également un complexe pétrochimique, demeure une priorité stratégique et fait actuellement l’objet d’études de faisabilité complémentaires.

Le ministre a également annoncé la mobilisation prochaine d’experts nigériens expérimentés pour accompagner le développement du secteur. Une centaine de candidatures auraient déjà été enregistrées.

Enfin, M. Tini a souligné les défis liés à la sécurisation du pipeline Niger-Bénin, long d’environ 1.980 kilomètres, tout en affirmant que des moyens importants ont été déployés pour garantir la protection des infrastructures énergétiques.