Les 19 membres d’équipage du M/T Asana, un navire-citerne battant pavillon tanzanien détourné à la mi-juillet au large du Yémen, sont toujours retenus en otage par des pirates somaliens. Le navire est actuellement ancré près de Jifle, sur la côte nord-est de la Somalie, dans l’État semi-autonome du Puntland, selon des sources sécuritaires locales.
L’équipage est composé de 11 Indiens, cinq Syriens, deux Yéménites et un Égyptien. Le navire avait été capturé au large d’Al-Mukalla, dans le sud du Yémen, avant d’être conduit vers les côtes somaliennes, avait indiqué le 17 juillet l’opération navale européenne Atalante, déployée dans le golfe d’Aden et l’océan Indien.
D’après des responsables sécuritaires, les sept pirates responsables du détournement seraient originaires de la région de Garacad, où ils bénéficieraient d’un important soutien local. Ils envisageraient de déplacer le chimiquier vers le nord de la région de Mudug, également sous administration du Puntland.
La zone de Jifle abrite déjà le M/V Sward, un cargo battant pavillon syrien détourné en avril dernier. Selon les mêmes sources, ce navire aurait servi de bateau-mère lors de la capture de deux bateaux de pêche iraniens le 16 juillet. Ces derniers ont été libérés après le paiement d’une rançon de 20 000 dollars chacun, une opération qui pourrait encourager d’autres groupes à reprendre les activités de piraterie.
Plus au nord, dans la localité côtière de Kulule, deux pétroliers, le M/T Honour 25 et l’Eureka, demeurent également aux mains de pirates avec leurs équipages. Cette région est considérée comme un bastion des groupes armés en raison de son accès difficile et du soutien dont ils bénéficient au sein de certaines communautés.
Les autorités du Puntland affirment avoir renforcé leurs efforts pour perturber les réseaux logistiques des pirates, tout en reconnaissant que les liens familiaux entre les habitants et les membres de ces groupes compliquent les opérations.
Après avoir quasiment disparu à la suite du pic enregistré en 2011, la piraterie somalienne connaît un regain d’activité depuis plusieurs mois, avec plusieurs détournements de navires signalés depuis avril dans le golfe d’Aden.
