L’armée soudanaise a repris le contrôle de la principale route reliant El-Obeid à Khartoum, infligeant un revers stratégique aux Forces de soutien rapide (FSR), engagées depuis avril 2023 dans une guerre contre les forces régulières. Cette avancée intervient alors que le chef des paramilitaires, le général Mohamed Hamdan Daglo, a déclaré dans un message vidéo qu’il ne « retiendrait plus » ses combattants, laissant craindre une intensification des violences.
Après plusieurs jours d’offensive dans l’Etat du Kordofan-Nord, les forces gouvernementales ont repoussé les FSR vers l’ouest, sécurisant un axe logistique essentiel de près de 400 kilomètres. Le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, s’est rendu à Jabrat al-Sheikh, ancien bastion des paramilitaires, accompagné de plusieurs chefs de groupes armés alliés.
En réaction, des frappes de drones attribuées aux FSR ont visé El-Obeid, principale ville du Kordofan. Des bâtiments publics, dont les locaux de l’Association des avocats et une agence de la Banque agricole du Soudan, ont été endommagés, sans faire de victimes selon les autorités locales.
Longtemps assiégée par les FSR, El-Obeid avait été libérée par l’armée en février 2025 après près de deux ans d’encerclement. Depuis, les deux camps cherchent à contrôler les voies d’approvisionnement reliant Khartoum, le Kordofan et le Darfour. La reprise de cet axe devrait permettre une meilleure circulation des marchandises vers la ville, où la situation humanitaire demeure critique.
Selon les Nations unies, les affrontements et les frappes de drones ont fait plus d’un millier de morts dans la région du Kordofan depuis le début de l’année. L’ONU avait également alerté sur le risque de nouvelles atrocités comparables à celles commises à El-Fasher, au Darfour, où une enquête onusienne a estimé que les exactions imputées aux FSR présentaient « les caractéristiques d’un génocide ».
Le conflit entre l’armée soudanaise et les FSR a déjà provoqué la mort de quelque 200 000 personnes, selon certaines estimations, et contraint plus de 11 millions de Soudanais à fuir leur foyer. Les Nations unies qualifient cette guerre de pire crise humanitaire actuelle, avec près de 33 millions de personnes ayant besoin d’une assistance d’urgence.
