La justice centrafricaine a ouvert une enquête après le meurtre, fin juillet, d’un géologue suisse et d’un soldat centrafricain sur un site minier situé à une cinquantaine de kilomètres au nord de Bangui, a annoncé vendredi le tribunal de grande instance de Damara.
Les deux hommes ont été enlevés le 31 juillet vers 17 heures par des individus armés non identifiés sur un chantier minier du village de Gbango-Carrière, sur l’axe reliant Bangui à Damara.
Les victimes ont été identifiées comme Luca Maggini, un ressortissant suisse employé comme géologue par la société émiratie ADMOG Gold RCA, et Daouda Mano, membre des Forces armées centrafricaines (FACA) chargé d’assurer la sécurité du site.
Ce double meurtre intervient alors que la République centrafricaine cherche à renforcer son attractivité auprès des investisseurs étrangers, notamment dans le secteur minier. Le pays dispose d’importantes ressources naturelles, parmi lesquelles l’or, les diamants, l’uranium et le lithium, qui attirent des entreprises venues de plusieurs pays, dont la Chine, la Russie, le Canada, la France et les Émirats arabes unis.
L’affaire a rapidement pris une dimension diplomatique. Le président Faustin-Archange Touadéra a reçu mardi une délégation suisse, quelques jours après les faits.
Le ministre des Grands travaux, Pascal Koyagbele, a reconnu auprès de l’AFP que cette attaque risquait de « ternir l’image du pays » auprès des investisseurs. Il a toutefois assuré que le partenariat entre les autorités centrafricaines et ADMOG Gold RCA n’était pas remis en cause.
« Après l’enquête, les activités vont se poursuivre », a-t-il déclaré, précisant que le dispositif de sécurité avait été renforcé dans la zone de Damara ainsi qu’autour des résidences et des sites exploités par les entreprises émiraties.
Le ministre a également exprimé sa préoccupation quant aux conséquences de cette attaque sur les relations entre Bangui et Abou Dhabi, alors que la Centrafrique cherche à développer ses partenariats avec les Émirats arabes unis.
Les autorités redoutent désormais que ce nouvel incident sécuritaire ne fragilise la confiance des investisseurs étrangers et ne compromette les efforts engagés pour développer le secteur minier.
