Dans plusieurs régions du nord-est du pays, les flammes ont semé la mort et la désolation, emportant au moins 12 personnes et faisant des dizaines de blessés. Face à cette tragédie, le président Abdelmadjid Tebboune a décrété, jeudi, trois jours de deuil national.
« Le cœur meurtri et l’âme en deuil devant la tragédie de la perte de nos concitoyens », a déclaré le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, qui a également annoncé l’annulation des festivités culturelles et des compétitions sportives. Dans un communiqué, il a évoqué un « grand malheur » pour la nation.
Le bilan, communiqué par le ministre de l’Intérieur Saïd Sayoud, est lourd : 12 morts et 54 personnes hospitalisées pour des brûlures. Six blessés se trouvent dans un état grave. A Jijel, cinq personnes ont perdu la vie, quatre autres à Béjaïa et trois à Tizi-Ouzou.
Pendant la nuit, les flammes ont gagné du terrain, poussées par des vents violents et une chaleur accablante. Terrifiés, des habitants ont dû quitter précipitamment leurs maisons pour échapper aux feux.
A Jijel, des familles entières se sont réfugiées sur les plages ou dans des zones urbaines épargnées par les flammes. Sur les réseaux sociaux, des vidéos tournées par des habitants témoignent de scènes bouleversantes : routes envahies par la fumée, ciel rougi par les incendies et populations tentant de trouver un refuge.
Derrière les chiffres officiels, ce sont des vies brisées, des familles endeuillées et des communautés traumatisées qui font face aux conséquences de cette catastrophe.
Et la menace n’était pas encore écartée jeudi. Sur les 193 foyers recensés en seulement 24 heures, 46 étaient toujours actifs, selon la Protection civile. D’importants moyens ont été engagés pour tenter de contenir les flammes, dont des avions bombardiers d’eau, selon les responsables algériens.
Les autorités se sont mobilisées sur le terrain. Le ministre de l’Intérieur et celui de la Santé, Mohamed Seddik Ait Messaoudene, se sont rendus à Béjaïa mercredi, avant de poursuivre leur déplacement à Jijel jeudi, selon l’agence officielle APS.
Les incendies ont également paralysé plusieurs axes routiers. Trois importantes routes reliant différentes régions de l’est du pays étaient toujours fermées jeudi, a indiqué la gendarmerie.
Mais au-delà de l’urgence, cette nouvelle catastrophe ravive une douleur devenue récurrente en Algérie. Chaque été, les forêts du nord-est du pays sont confrontées à des incendies souvent alimentés par la sécheresse, les températures extrêmes, les vents violents et le manque de moyens pour intervenir rapidement et limiter les dégâts humains et matériels.
En juillet, près de 2 000 incendies avaient été recensés, faisant au moins six morts. Près de 2 000 autres foyers avaient été enregistrés entre mai et juin.
Ces dernières années, les incendies ont laissé derrière eux un lourd bilan humain et matériel : des dizaines de morts, des milliers d’hectares de forêts et de terres agricoles réduits en cendres et des familles privées de leurs habitations.
Aujourd’hui, alors que les flammes continuent de menacer certaines régions, l’Algérie pleure ses morts et rend hommage à ceux qui luttent, au péril de leur vie, contre un feu devenu chaque été plus redoutable.
