Plusieurs formations politiques de l’opposition togolaise ont annoncé mardi à Lomé la création d’un front commun pour contester la Constitution adoptée en 2024. Cette alliance, qui réunit notamment les principales forces d’opposition, marque une rare démonstration d’unité depuis les mobilisations de 2017 et 2018 contre le pouvoir.
L’Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre et l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), accompagnées de plusieurs organisations de la société civile, ont présenté un mémorandum appelant à une « sortie de crise » et à un retour à l’ordre constitutionnel.
Les opposants s’appuient notamment sur une récente décision de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui considère la réforme constitutionnelle comme un « changement inconstitutionnel de gouvernement ».
« Il était normal que tous ceux qui s’opposent à la nouvelle Constitution se retrouvent ensemble pour agir avec ce nouvel instrument », a déclaré Nathaniel Olympio, membre du nouveau front.
L’opposition et la société civile dénoncent depuis son adoption une réforme qui, selon elles, pourrait permettre à Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, de prolonger son règne. Le nouveau texte supprime notamment l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel direct et instaure un régime parlementaire. La fonction de président du Conseil, désormais occupée par M. Gnassingbé, devient la principale fonction exécutive.
Le camp présidentiel défend, pour sa part, une réforme destinée à renforcer la représentativité des institutions.
Le front d’opposition prévoit de solliciter le soutien de la communauté internationale, notamment de l’Union européenne, des Etats-Unis et du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Il entend également mobiliser la population pour faire pression sur les autorités.
Cette initiative intervient après les manifestations de juin 2025 contre la nouvelle Constitution. La société civile avait fait état d’au moins sept morts, tandis que le parquet avait évoqué cinq décès par noyade.
Le gouvernement togolais conteste par ailleurs la décision de la Cour de justice de la Cédéao, l’accusant de chercher à « outrepasser ses compétences ». Selon les autorités, cette juridiction n’est pas habilitée à contrôler la constitutionnalité du droit interne.
Togo : L’opposition forme un front commun contre la Constitution de 2024
