Tchad : 12 morts dans une frappe près de la frontière soudanaise

Douze personnes ont été tuées et sept autres blessées jeudi dans une frappe aérienne menée dans une zone tchadienne proche de la frontière avec le Soudan, selon une source sécuritaire tchadienne citée par l’AFP. N’Djamena et Washington ont accusé l’armée soudanaise d’être à l’origine de cette attaque.
La frappe a ciblé un marché situé dans le secteur d’Adikong, où les Forces de soutien rapide (FSR), en conflit avec l’armée soudanaise depuis 2023, s’approvisionneraient en carburant, a précisé la source sous couvert d’anonymat. Des médias tchadiens ont également attribué l’attaque aux forces soudanaises.
Khartoum a toutefois rejeté ces accusations. Dans un communiqué, son ministère des Affaires étrangères s’est étonné que « certaines parties » mettent en cause l’armée soudanaise avant toute enquête permettant d’établir les circonstances exactes de l’incident. Le ministère a par ailleurs assuré que le Soudan respectait la souveraineté et l’intégrité territoriale du Tchad.
Cette nouvelle attaque intervient quelques jours après que l’armée tchadienne eut signalé une incursion de drones, sans faire de victime, dans une zone frontalière. N’Djamena avait alors fait part de ses soupçons concernant une implication de l’armée soudanaise.
Les Etats-Unis ont, eux aussi, condamné les événements. L’ambassade américaine à Khartoum a dénoncé jeudi les « récentes frappes aériennes menées par les forces armées soudanaises » sur le territoire tchadien.
Le conflit soudanais fait craindre une extension des violences aux pays voisins. Khartoum accuse notamment le Tchad et l’Éthiopie de soutenir les FSR, ce que les deux pays réfutent.
Face au risque de régionalisation du conflit, Washington a proposé lundi d’étendre à l’ensemble du Soudan l’embargo sur les armes imposé par l’ONU au Darfour.
Déclenchée en avril 2023, la guerre entre l’armée soudanaise et les FSR a déjà fait plus de 200.000 morts, selon des acteurs humanitaires, et provoqué le déplacement de plus de 12 millions de personnes. L’ONU considère cette crise comme la plus grave situation humanitaire au monde.