Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a annoncé jeudi l’ouverture d’un dialogue national destiné à favoriser la réconciliation et à répondre aux profondes divisions qui traversent le pays. Il a toutefois exclu toute participation du groupe armé M23 en tant que force politique.
Dans une allocution télévisée, le chef de l’Etat a estimé que les discussions avec le M23 devaient continuer dans le cadre du processus de paix engagé à Doha. « Le processus de Doha demeure le cadre approprié pour traiter avec » le groupe armé, a-t-il déclaré, précisant que le dialogue national « ne se substituera pas à ce processus ».
Kinshasa et le M23 avaient conclu un engagement de cessez-le-feu à Doha en juillet 2025. Quelques mois plus tard, la RDC et le Rwanda avaient également signé un accord de paix à Washington. Ces initiatives diplomatiques n’ont toutefois pas permis de mettre durablement fin aux combats dans l’est congolais, où le M23 contrôle d’importantes portions de territoire. Kinshasa accuse Kigali de soutenir le mouvement, ce que le Rwanda conteste.
Le dialogue national avait été annoncé à la mi-juillet, répondant notamment à une demande ancienne de l’opposition et d’une partie de la société civile. Certains opposants souhaitaient y voir participer des représentants du M23 ainsi que l’ancien président Joseph Kabila, condamné par contumace en septembre 2025 pour « complicité » avec le groupe armé.
Félix Tshisekedi a néanmoins laissé la porte ouverte à une réintégration individuelle des membres du M23 qui renonceraient « de manière sincère et vérifiable » à la lutte armée et condamneraient clairement « l’agression » contre la RDC.
Le processus, prévu pour durer au maximum trois mois, débutera par des consultations dans l’ensemble des provinces. Les recommandations recueillies seront ensuite regroupées et serviront de base à des assises nationales à Kinshasa. Celles-ci devront déboucher sur un « pacte national », dont les conclusions seront mises en œuvre par les institutions.
Le président congolais a appelé les acteurs politiques à faire du dialogue un instrument au service de « la paix, l’unité nationale et l’intérêt supérieur de la République », tout en annonçant des mesures de « décrispation politique » et en exhortant les responsables à abandonner les discours de haine.
RDC : Félix Tshisekedi exclut le M23 du dialogue national
