En Algérie, une nouvelle séquence semble s’ouvrir au sommet du pouvoir. La mise à l’écart de Boualem Boualem, ancien directeur de cabinet de la présidence, marque un changement dans l’équilibre des institutions autour du président Abdelmadjid Tebboune et du général Saïd Chengriha. Elle intervient dans un contexte où la consolidation de l’autorité présidentielle et la maîtrise des centres de décision apparaissent comme des priorités majeures.
Longtemps considéré comme un homme incontournable en raison de sa connaissance des dossiers sensibles, de ses réseaux au sein de l’appareil d’Etat, surtout des services de renseignent civils et militaires, Boualem Boualem occupait une position stratégique, très dangereuse pour la démocratie algérienne. Son départ est lu comme la volonté du président Tebboune de mettre fin aux zones d’ombre, aux circuits parallèles et aux influences excessives qui peuvent se développer autour du pouvoir lorsque certains collaborateurs deviennent eux-mêmes des centres de décision.
Pour le président, le signal est fort, l’Etat doit rester plus puissant que les hommes qui le servent.
C’est dans cette logique que le rapprochement entre le président Abdelmadjid Tebboune et le général d’armée Saïd Chengriha prend toute son importance. Abdelmadjid Tebboune et le chef d’état-major le général Saïd Chengriha incarnent deux institutions essentielles de la République, civile et militaire, partageant une même préoccupation de préserver la stabilité nationale et empêchant que les rivalités personnelles ou les luttes d’influence ne fragilisent les constitutions du pays.
Les agissements de certains responsables, de tentatives d’influence sur les services de renseignement ou de projets visant à affaiblir le pouvoir doivent être considérés avec un prisme algérien, selon des experts en relations internationales.
D’après ces experts, la stabilité de l’Algérie ne peut reposer sur des réseaux occultes ni sur l’influence personnelle de quelques hommes. Actuellement, elle dépend surtout d’institutions solides, d’une chaîne de commandement clairement établie et d’un pouvoir politique qui anticipe et gère les tensions internes, qu’elles soient politiques ou socioéconomiques, plutôt que de concentrer son attention sur des opposants établis à l’étranger et présentés par les autorités comme des figures marginales et sans réelle influence.
