Agoa : L’Afrique du Sud retient son souffle avant une décision cruciale de Washington

L’Afrique du Sud joue une partie décisive pour préserver son accès au principal dispositif commercial américain destiné au continent africain. Pretoria espère obtenir, dès la semaine prochaine, une décision favorable de l’administration Trump concernant son maintien dans l’African Growth and Opportunity Act (Agoa), un accord de libre-échange prolongé jusqu’en décembre 2028 et soumis à un réexamen annuel.

Confronté au risque d’une exclusion, le gouvernement sud-africain tente de préserver un partenariat commercial stratégique avec Washington, alors que les relations entre les deux pays se sont considérablement tendues depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.

L’administration américaine reproche notamment à Pretoria ce qu’elle présente comme des persécutions à l’encontre des Afrikaners, descendants des colons européens blancs installés dans le pays. Dans ce contexte, Washington a annoncé, à la mi-septembre, des restrictions de visas visant des responsables sud-africains.

Malgré ces tensions, le ministre sud-africain du Commerce, Parks Tau, a affiché une attitude prudente, tout en se disant préparé à tous les scénarios. « Nous sommes prêts, quelle que soit la décision », a-t-il déclaré jeudi devant la presse à Johannesburg, à quelques jours de l’échéance du 2 novembre.

Le responsable s’est néanmoins montré optimiste quant à l’issue des discussions, estimant qu’un maintien de l’Afrique du Sud dans le dispositif répondrait aux intérêts des deux pays, mais également à ceux de leurs partenaires africains.

Cette confiance affichée contraste toutefois avec les avertissements du président Cyril Ramaphosa, qui a récemment appelé son gouvernement à anticiper une éventuelle sortie de l’Agoa.

L’enjeu est considérable pour Pretoria, premier bénéficiaire africain de cet accord qui offre aux pays éligibles un accès préférentiel au marché américain. Le dispositif ne permet cependant pas à l’Afrique du Sud d’échapper aux nouvelles surtaxes douanières imposées par l’administration Trump.

La procédure américaine prévoit un examen annuel de l’éligibilité des pays bénéficiaires. Toute décision d’exclusion doit faire l’objet d’une notification préalable de 60 jours au Congrès américain et au pays concerné. Pour qu’une sortie prenne effet avant le 1er janvier de l’année suivante, l’annonce doit donc intervenir au plus tard le 2 novembre.

En dépit des incertitudes politiques, Pretoria insiste sur l’importance de préserver ses relations économiques avec les Etats-Unis. Parks Tau a rappelé que plus de 600 entreprises américaines étaient implantées en Afrique du Sud, où elles contribuent au maintien d’environ 134.600 emplois.