Les Nations unies ont lancé lundi un appel pressant en faveur d’un accroissement des financements destinés à l’action humanitaire au Soudan, où des millions de personnes dépendent d’une aide vitale en raison d’un conflit armé qui se prolonge depuis plus de deux ans.
Selon l’ONU, l’organisation et ses partenaires entendent venir en aide à près de 20 millions de Soudanais en 2026 dans le cadre d’un plan de réponse humanitaire évalué à 2,9 milliards de dollars. Lors d’un point de presse à New York, le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric, a averti qu’un manque de soutien pourrait conduire à une catastrophe humanitaire « encore plus grave » dans le pays.
S’appuyant sur des données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), il a souligné que la situation ne cesse de se détériorer, notamment en raison de l’intensification des combats dans la région du Kordofan. Cette escalade de la violence, a précisé OCHA, entrave gravement le fonctionnement des services de santé et provoque de nouveaux déplacements massifs de populations, faisant payer aux civils un prix jugé « exorbitant ».
De son côté, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a alerté sur l’aggravation dramatique de la situation des enfants, indiquant que plus de cinq millions d’entre eux ont été forcés de fuir leurs foyers depuis le début du conflit. Dans le Nord-Darfour, qualifié par l’ONU d’épicentre de l’urgence nutritionnelle au Soudan, l’UNICEF fait état de près de 85 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère.
L’effondrement du système de santé, les pénuries aiguës d’eau potable et la défaillance des services de base accentuent encore la crise, favorisant l’apparition d’épidémies mortelles et mettant en péril environ 3,4 millions d’enfants de moins de cinq ans, a averti l’agence, appelant à un cessez-le-feu immédiat pour enrayer la spirale de violence.
Sur le terrain, les combats se poursuivent. Une attaque de drone menée lundi par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) contre une base de l’armée dans le sud-est du pays a fait 27 morts et 73 blessés. « Vingt-sept personnes ont été tuées et 73 autres blessées lors de la frappe des FSR sur la ville de Sinja », a déclaré Ibrahim al-Awad, ministre de la Santé de l’État de Sennar.
L’armée du général Abdel Fattah al-Burhan contrôle actuellement le nord, l’est et le centre du pays, tandis que les FSR du général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemeti » dominent l’ensemble de la région du Darfour, soit environ un tiers du territoire ainsi que, avec leurs alliés, certaines zones du sud.
Ils sont les principaux protagonistes du conflit armé qui oppose l’armée régulière aux FSR depuis avril 2023.
