Le nouveau Haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés a poursuivi jeudi sa tournée des camps de l’est du Tchad, qui hébergent près d’un million de Soudanais ayant fui la guerre dans leur pays, un drame qu’il a décrit comme « la plus grave crise de déplacement de notre époque ».
Depuis avril 2023, le Soudan est en proie à un conflit opposant l’armée régulière aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Les affrontements ont causé la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes et contraint plus de 14 millions d’habitants à l’exil, selon les chiffres rappelés par Barham Saleh lors de sa visite du camp d’Iridimi, qui accueille quelque 49 000 réfugiés soudanais.
Premier ancien réfugié à prendre la tête du HCR depuis son fondateur, le Néerlandais Gerrit Jan van Heuven Goedhart, contraint de fuir l’occupation nazie, M. Saleh s’est également rendu au camp de Farchana. Ouvert en 2004 à la suite d’un précédent conflit au Darfour, dans l’ouest du Soudan, ce site abrite aujourd’hui environ 56 000 personnes. Il a ensuite visité le camp d’Adré, situé à la frontière soudanaise, où vivent près de 230 000 réfugiés.
Au cours de sa visite, le Haut-Commissaire a également échangé avec quatre femmes victimes de violences et de viols lors de leur fuite d’El Fasher, grande ville du Darfour tombée aux mains des FSR en octobre, après dix-huit mois de siège.
« Les mêmes crimes et violations des droits humains se répètent inlassablement au Soudan, dans un silence assourdissant de la communauté internationale », a dénoncé Hatim Abdallah El-Fadil, représentant des réfugiés du camp de Farchana, à l’issue de son entretien avec M. Saleh.
Ce dernier a salué la solidarité du Tchad envers les réfugiés soudanais, soulignant que le pays avait maintenu ses frontières ouvertes malgré des « moyens très limités ».
Le Tchad accueille aujourd’hui plus d’un million de réfugiés soudanais, a rappelé la ministre tchadienne de l’Action sociale, Zara Mahamat Issa. Les besoins sont immenses, alors que les ressources se raréfient, a-t-elle souligné.
Le HCR, à l’instar de nombreuses agences onusiennes, a récemment été fortement affecté par les réductions de l’aide américaine décidées par le président Donald Trump, ainsi que par le recul global des financements de plusieurs donateurs.
