Au moins cinq fidèles ont été tués et plusieurs autres blessés mercredi soir lors d’une attaque contre une mosquée à Dadin Kowa, dans la circonscription de Maiyama, dans l’Etat de Kebbi, dans le nord-ouest du Nigeria.
L’attaque a été attribuée à des « combattants présumés de Lakurawa » et s’est produite en pleine période de ramadan. Selon l’Agence de presse nationale (NAN), elle a fait cinq morts et trois blessés, tandis qu’un rapport sécuritaire confidentiel destiné à l’ONU évoque jusqu’à dix victimes.
L’Etat de Kebbi, situé à la frontière avec le Niger, fait face à une double insécurité : la violence de groupes jihadistes comme Lakurawa, actifs principalement dans les pays voisins, et celle de bandes criminelles locales, surnommées « bandits », responsables d’attaques contre des villages et d’enlèvements pour rançon.
L’émergence de Lakurawa ces dernières années a accentué la violence dans la région, poussant les autorités à recruter davantage de milices d’autodéfense. Certains chercheurs établissent un lien entre ce groupe et l’État islamique au Sahel, actif au Niger et au Mali voisins, bien que la nature exacte de ce lien reste débattue. La difficulté d’études sur Lakurawa provient aussi du fait que ce nom désigne différents combattants dans le nord-ouest du Nigeria.
Le gouvernement nigérian a indiqué que les frappes aériennes menées par l’armée américaine à Sokoto le jour de Noël visaient des membres de Lakurawa et des bandes de « bandits ».
Peu avant l’attaque de mercredi, le 22 février, des djihadistes de Lakurawa avaient tendu une embuscade au convoi du général Bemgha Koughna, commandant de la 9ᵉ division de l’armée nigériane, non loin de Dadin Kowa.
Un document souligne que ces deux attaques rapprochées montrent l’intention du groupe d’étendre son influence vers l’est de Kebbi avant que les forces militaires ne puissent renforcer la lutte contre le terrorisme. Le rapport note également que le nombre d’attaques menées par Lakurawa dans l’Etat de Kebbi a atteint un niveau record en février.
