Depuis le 1ᵉʳ janvier, 606 personnes ont péri ou disparu en Méditerranée, marquant le début d’année le plus meurtrier depuis 2014, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Parmi elles, plus de 117 sont des Algériens, victimes de la mer ou des routes migratoires traversant la Libye.
Selon les observateurs de l’OIM, ces tragédies auraient pu être évitées. Pourtant, l’Etat algérien reste absent face à l’ampleur du phénomène. Des jeunes hommes, des familles et même des enfants s’entassent dans des embarcations de fortune pour rejoindre l’Europe via l’Espagne ou l’Italie, tandis que d’autres empruntent la route terrestre vers la Libye, livrés aux milices locales, aux réseaux de passeurs et aux naufrages.
Le phénomène de l’émigration clandestine, appelé « harga », n’est pas une fatalité. Il est le symptôme d’un malaise profond : chômage massif des jeunes, manque de perspectives et absence de politiques publiques ambitieuses.
Les autorités algériennes se contentent de mesures sécuritaires avec surveillance côtière sans offrir la moindre alternative réelle à la jeunesse. Résultat : les départs se poursuivent, et la mer continue d’engloutir des vies.
La responsabilité du chef de l’Etat, le président Abdelmadjid Tebboune, est flagrante. Aucun débat national n’est mené sur les causes de cette fuite, aucune stratégie sociale, économique ou éducative n’est mise en place pour retenir les jeunes dans leur pays. Des milliers d’Algériens se retrouvent ainsi livrés à eux-mêmes, exposés à des dangers évitables, tandis que l’Etat reste spectateur.
Sur le plan diplomatique, le pays revendique sa souveraineté et refuse toute coordination renforcée avec l’Europe, esquivant une responsabilité qui, sur le terrain, pourrait sauver des vies.
Chaque décès et chaque disparition rappellent que la Méditerranée est devenue l’une des frontières les plus meurtrières au monde. Faute de politiques capables de créer des opportunités pour sa jeunesse, l’Algérie laisse ses enfants embarquer dans des voyages mortels, transformant la mer en un cimetière silencieux.
Selon un responsable de l’OIM, cette situation dramatique relance le débat sur la responsabilité des plus hautes autorités du pays. Le président Abdelmadjid Tebboune ainsi que le chef d’état-major le général Saïd Chengriha, sont critiqués pour l’absence de politiques efficaces de prévention et de contrôle des flux migratoires.
