Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a lancé, vendredi, un appel pressant à la communauté internationale pour qu’elle intervienne sans délai au Soudan du Sud, qu’il estime menacé par une possible « reprise d’une guerre civile généralisée ».
« Il est impératif d’agir rapidement afin de préserver l’accord de paix, d’éviter la désintégration du pays et d’enrayer les cycles de représailles susceptibles de raviver un conflit à grande échelle », a déclaré Volker Türk devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, réuni à Genève.
Depuis son indépendance en 2011, le Soudan du Sud demeure fragilisé par des années de guerre, une pauvreté endémique et une corruption généralisée. Ces dernières semaines, les affrontements se sont intensifiés entre les forces fidèles au président Salva Kiir et des milices proches de son rival historique, Riek Machar, assigné à résidence depuis plusieurs mois.
En janvier, le Haut-Commissariat a recensé 189 civils tués et de nombreux blessés, les violations des droits humains ayant progressé de 45 % par rapport au mois précédent, a précisé M. Türk. Il s’est dit « horrifié » par l’attaque perpétrée samedi contre des civils dans le comté d’Ayod, l’un des épicentres des combats dans le nord de l’État de Jonglei. Selon l’opposition, les forces gouvernementales y auraient commis un « massacre ».
D’après des témoignages recueillis par les équipes onusiennes, des soldats auraient ordonné aux habitants de se regrouper avant d’ouvrir le feu, tuant 21 civils non armés, dont des femmes et des enfants. Un enregistrement audio authentifié par la mission de l’ONU ferait également état d’un haut responsable militaire exhortant ses troupes à ne faire aucun cadeau et à détruire habitations, bétail et biens civils.
Le Haut-Commissaire a mis en garde contre les discours de haine et les incitations à la violence, rappelant qu’ils peuvent constituer des crimes internationaux, en particulier dans un contexte de conflit armé. Les auteurs de tels actes s’exposent à des poursuites en vertu du droit international, a-t-il averti.
Il a en outre souligné que le pays est devenu extrêmement dangereux pour les travailleurs humanitaires. En 2025, 350 attaques visant le personnel et les installations humanitaires ont été enregistrées, soit une hausse de plus d’un tiers par rapport à l’année précédente. « Le suivi des droits humains agit comme un système d’alerte précoce. Et pour le Soudan du Sud, ce système est désormais au rouge », a conclu M. Türk.
