Visite du Pape en Algérie : Des militaires et policiers en civil pour simuler l’enthousiasme populaire (Vatican)

Depuis des semaines, le palais d’Al Mouradia du président Abdelmadjid Tebboune, se prépare à accueillir le Pape Léon XIV, souverain pontife de l’Église catholique, du 13 au 14 avril 2026, officiellement historique, revêt en réalité une importance stratégique bien plus profonde.

Au-delà des discours, un autre objectif guide les autorités algériennes surtout du général Saïd Chengriha de façonner une image parfaite, presque irréelle, d’un peuple uni et enthousiaste.

Dans l’Etat major de l’armée et la Direction générale de la police, des listes ont été dressées. Des centaines de militaires et de policiers, soigneusement sélectionnés, ont reçu des vêtements civils sans signes distinctifs, choisis pour correspondre à toutes les classes sociales : jeans, chemises légères, robes simples, afin de se fondre dans la foule.

On leur a attribué des positions précises le long du parcours du cortège officiel : carrefours stratégiques, places centrales, abords des monuments où le Pape Léon XIV devra s’arrêter. On leur avait même appris à applaudir.

« Pas trop tôt, pas trop tard », insistaient des officiers lors des répétitions. « Vous devez donner l’impression que l’enthousiasme est spontané. Regardez le véhicule, souriez, levez les bras… certains d’entre vous agiteront les drapeaux ».

Les rues sont nettoyées, les façades repeintes à la hâte, et des banderoles colorées flottent entre les lampadaires. Lorsque le cortège du Pape entrera dans l’avenue principale, une clameur s’éleva immédiatement.

Dans la foule, les agents en civil vont donner le ton. Ils vont scander des slogans, lancer des vivats, entraînant avec eux les passants authentiques, parfois surpris, parfois amusés, souvent indifférents mais happés par le mouvement collectif. L’illusion prendra forme : une marée humaine vibrante, conquise, presque fervente.

Selon des sources, dans le ministère de l’Intérieur, des cartes de la capitale et sites à visiter, étaient étalées sur une longue table. Chaque rue du parcours officiel y était tracée en rouge, ponctuée de cercles et de croix. Autour, des officiers en uniforme et des responsables civils débattaient à voix haute. Il ne s’agissait pas seulement d’organiser une visite, mais de chorégraphier une illusion.

Des équipes furent chargées de répartir les « figurants » le long du parcours, en tenant compte des angles de caméra, des points de ralentissement du cortège et des lieux symboliques.

Des banderoles et des drapeaux étaient distribués aux participants, accompagnés d’instructions précises sur leur usage. Même les commerçants des rues concernées furent discrètement invités à ouvrir leurs boutiques et à « participer à l’accueil ».

Au total, 4 800 agents sont mobilisés : 4500 militaires et 300 policiers, tous affectés à une mission unique, se fondre dans la foule.

Le parcours du cortège, est découpé en zones opérationnelles. Chaque zone disposait d’un responsable, chargé de superviser entre 30 et 40 agents en civil. Les points jugés stratégiques, grandes places, carrefours, axes filmés par les caméras, concentreraient jusqu’à 300 figurants encadrés.

La logistique suit la même précision. 8500 drapeaux et 3200 banderoles avaient été répartis, avec des consignes exactes sur leur emplacement.

Depuis sa voiture blindée, le Pape observera la scène avec satisfaction. Il saluera de la main, le visage éclairé d’un sourire confiant, convaincu d’être accueilli en ami par un peuple reconnaissant, mais par un régime militaire dont la doctrine profonde est antisémite et antichrétienne.