Nigeria : Plus de 40 écoliers libérés et l’armée admet des pertes

Les forces de sécurité nigérianes ont annoncé samedi avoir libéré plus de 40 écoliers enlevés depuis près de deux mois dans l’Etat d’Oyo, dans le sud-ouest du Nigeria, tout en reconnaissant avoir subi des pertes au cours de cette opération militaire.

Selon l’armée, le sauvetage, minutieusement préparé, a permis de mettre fin à une crise sécuritaire qui avait suscité une vive émotion dans le pays. Aucun détail n’a toutefois été communiqué sur le bilan des pertes enregistrées par les forces engagées.

Le 15 mai, des hommes armés avaient attaqué trois établissements scolaires dans les localités d’Esiele et de Yawota, enlevant 46 élèves et membres du personnel. Les autorités attribuent cette attaque à des combattants liés à Boko Haram, tandis que le président Bola Tinubu a désigné Ansaru, une faction dissidente du groupe jihadiste opérant principalement dans le centre du Nigeria.

L’enlèvement, qui concernait également de très jeunes enfants âgés de deux et trois ans, avait provoqué des manifestations, une grève d’un mois des enseignants de l’Etat d’Oyo et de nombreuses réactions de la communauté internationale.

Le ministre de la Défense, Christopher Musa, avait indiqué que les ravisseurs cherchaient à faire pression sur le gouvernement pour obtenir la libération de certains de leurs chefs détenus, menaçant d’exécuter les otages en cas d’intervention militaire.

L’armée affirme que plusieurs bases des ravisseurs ont été détruites dans les forêts du parc national d’Old Oyo. Des arrestations menées dans différentes régions du pays auraient également désorganisé le groupe, conduisant à la libération sans condition des élèves et des enseignants. Les rescapés reçoivent actuellement des soins dans une base militaire à Ibadan, où un suivi psychologique est prévu afin de traiter les traumatismes liés à leur captivité.

Sur le plan politique, la présidence a accusé samedi l’opposant Atiku Abubakar d’exploiter cette affaire à des fins électorales en vue de la présidentielle de 2027.

Si le sud-ouest du Nigeria est généralement considéré comme plus stable que le nord du pays, cette attaque a ravivé les inquiétudes face à l’expansion des groupes armés. Les autorités assurent qu’aucune rançon n’a été versée pour obtenir la libération des otages.

Par ailleurs, les opérations militaires se poursuivent dans le nord-ouest du pays. Selon une source sécuritaire, plus de 300 membres de groupes criminels spécialisés dans les enlèvements contre rançon et le vol de bétail, appelés localement « bandits », ont été tués cette semaine dans l’Etat de Zamfara. Les autorités locales ont salué une avancée majeure dans la lutte contre l’insécurité.