Libye : La contestation s’intensifie avec le blocage d’institutions publiques

La mobilisation contre le Gouvernement d’unité nationale (GUN) se poursuit en Libye, où des groupes de manifestants maintiennent le blocage de plusieurs institutions publiques et entreprises d’Etat. Lancé au début de la semaine, le mouvement a déjà paralysé plus d’une dizaine de bâtiments officiels et ses initiateurs promettent d’amplifier la contestation jusqu’au départ du Premier ministre Abdelhamid Dbeibah.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des membres du groupe « Marché du Vendredi » ont condamné, à l’aide de matériel de soudure, les accès au Conseil présidentiel, au ministère des Sports et à l’agence de presse officielle LANA. Depuis le début des manifestations, les ministères des Affaires étrangères, du Plan, de la Jeunesse et de la Gouvernance locale, ainsi que les sièges de l’Autorité de lutte contre la corruption et de l’Autorité des aéroports ont également été ciblés.

Les manifestants dénoncent la dégradation des conditions de vie, les coupures d’électricité à répétition et l’impasse politique qui perdure dans le pays. Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, ils accusent le Conseil présidentiel d’avoir abandonné sa mission de réconciliation nationale et de gaspiller les fonds publics, tout en privilégiant les avantages de ses membres au détriment des besoins de la population. Ils demandent également au parquet général d’ouvrir une enquête sur la gestion de cette institution, qu’ils jugent entachée de corruption.

Face à l’ampleur du mouvement, le chef du gouvernement a ordonné le déploiement de forces relevant du ministère de la Défense et de l’état-major afin de reprendre le contrôle des sites occupés. Cette intervention a permis la reprise des activités dans plusieurs entreprises publiques, qui demeurent toutefois sous haute surveillance en raison de nouvelles menaces de blocage.

La contestation intervient alors que la Libye subit, depuis le début du mois de juillet, une série de coupures d’électricité aggravées par une vague de chaleur exceptionnelle, entraînant une forte hausse de la demande en énergie.

Depuis 2014, le pays reste divisé entre le Gouvernement d’unité nationale, installé à Tripoli et contrôlant l’ouest, et les autorités de l’est soutenues par le maréchal Khalifa Haftar. Malgré les efforts de l’ONU et des Etats-Unis pour favoriser la tenue d’élections nationales et réunifier le pays, le processus politique demeure dans l’impasse.