Les tensions entre les autorités fédérales éthiopiennes et les dirigeants du Tigré connaissent une nouvelle montée de tension. Les autorités régionales, contrôlées par le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), ont accusé mardi l’armée éthiopienne d’avoir mené une frappe de drone meurtrière dans le sud de la région, faisant craindre une reprise du conflit.
Selon Amanuel Assefa, numéro deux du TPLF, une attaque aérienne a visé lundi la localité de Merewa, près de la frontière avec l’Amhara. Les frappes auraient ciblé des forces tigréennes et fait des victimes. Un établissement scolaire aurait également été touché, affirme le responsable, sans fournir de bilan précis.
Depuis plusieurs mois, les forces fédérales et tigréennes ont renforcé leur présence militaire de part et d’autre des frontières du Tigré. Les deux camps s’accusent régulièrement de préparer une nouvelle offensive. Le 1er août, des affrontements auraient déjà opposé leurs forces dans le nord-ouest de la région, près de la frontière soudanaise, selon le TPLF. Addis Abeba n’a pas réagi à ces informations.
Cette situation ravive le spectre d’un nouveau conflit dans une région encore marquée par la guerre de 2020-2022. Ce conflit, qui avait opposé le TPLF aux forces fédérales soutenues notamment par des milices régionales et l’armée érythréenne, aurait fait au moins 600.000 morts, selon l’Union africaine.
L’accord de paix signé en novembre 2022 avait mis fin aux combats, mais plusieurs dispositions restent inappliquées, notamment le retour des personnes déplacées et le désarmement du TPLF.
Les relations entre Addis Abeba et le TPLF se sont de nouveau dégradées sur fond de tensions régionales. Le gouvernement fédéral accuse notamment le mouvement tigréen de se rapprocher de l’Érythrée et des milices Fano de l’Amhara, tandis que les relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée restent particulièrement tendues.
Human Rights Watch affirme par ailleurs que les autorités tigréennes ont lancé ces derniers mois une vaste campagne de recrutement forcé. Face à cette détérioration, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, originaire du Tigré, a appelé dimanche les parties à privilégier le dialogue et les solutions politiques.
Fin 2025, les premiers affrontements directs depuis la fin de la guerre avaient déjà opposé les forces tigréennes à l’armée fédérale. La réactivation du Parlement régional par le TPLF en avril a également ravivé le différend avec Addis Abeba, alors que le Tigré traverse une grave crise financière après la suspension des subventions fédérales.
