Le président de la Guinée-Bissau, le général Horta N’Tam, est attendu lundi à N’Djamena pour sa première visite officielle à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir, huit mois après le coup d’Etat qui a fortement réduit les relations diplomatiques de la Guinée-Bissau avec ses partenaires.
Selon plusieurs observateurs, ce déplacement pourrait permettre au dirigeant de transition de renforcer sa légitimité sur la scène régionale. Il doit assister mardi aux célébrations du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Tchad, à l’invitation du président Mahamat Idriss Déby. La présidence tchadienne a précisé que le général N’Tam participera notamment aux défilés militaires prévus à cette occasion.
Le général Horta N’Tam dirige la Guinée-Bissau depuis le 26 novembre 2025, date à laquelle des militaires ont renversé le président Umaro Sissoco Embalo, à la veille de la publication des premiers résultats des élections présidentielle et législatives. Le processus électoral avait alors été suspendu.
Proche de l’ancien président, N’Tam a été désigné pour conduire une transition d’une durée d’un an. Le calendrier prévoit un référendum constitutionnel le 30 août, suivi d’une élection présidentielle le 6 décembre.
Le coup de force avait entraîné la suspension de la Guinée-Bissau par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et l’Union africaine. Dans le but de faciliter un retour à l’ordre constitutionnel, le Sénégal, récemment désigné médiateur par la Cedeao, a dépêché le 6 août à Bissau une délégation conduite par son ministre des Affaires étrangères, Cheikh Niang.
Les relations entre la Guinée-Bissau et le Tchad se sont, pour leur part, intensifiées ces dernières années. La visite de Mahamat Idriss Déby à Bissau en mai 2025 avait notamment abouti à la signature de plusieurs accords bilatéraux.
Depuis son indépendance du Portugal en 1974, la Guinée-Bissau reste marquée par une forte instabilité politique, avec quatre coups d’Etat militaires et de nombreuses tentatives de renversement du pouvoir.
