Rwanda : Un homme inculpé au Royaume-Uni pour son implication dans le génocide de 1994

Un Britannique de 65 ans, Vincent Brown, également connu sous le nom de Vincent Bajinya, a été arrêté et inculpé lundi au Royaume-Uni pour son implication présumée dans le génocide de 1994 au Rwanda. Il s’agit de la première inculpation prononcée dans le pays pour des faits liés à ce génocide, selon la police et le parquet britanniques.

Originaire de Kigali et installé à Londres, le suspect a été interpellé à l’issue d’une enquête de sept ans ouverte à la suite d’une demande officielle des autorités rwandaises.

Le parquet lui reproche notamment d’avoir dirigé et encouragé d’autres personnes à commettre des meurtres et des actes constitutifs de génocide. Il fait l’objet d’un chef d’accusation pour participation au génocide à Kigali en avril 1994, ainsi que de six chefs d’accusation pour crimes contre l’humanité.

Placé en détention, Vincent Brown doit comparaître mardi devant le tribunal de Westminster, à Londres.

Selon les Nations unies, plus de 800.000 personnes, principalement issues de la minorité tutsi, ont été tuées au Rwanda au printemps 1994 lors de massacres perpétrés par des extrémistes hutu, après l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana.

Les autorités britanniques ont souligné que cette procédure démontrait que le Royaume-Uni ne constituait pas un refuge pour les personnes soupçonnées de crimes internationaux. La police antiterroriste londonienne a également indiqué que d’autres investigations concernant des suspects liés au génocide rwandais étaient toujours en cours.

Vincent Bajinya, devenu britannique après avoir changé de nom pour Vincent Brown, avait déjà été arrêté en 2006, puis en 2013 avec quatre autres hommes, à la suite d’un mandat d’arrêt émis par Kigali.

En 2015, la justice britannique avait rejeté leur extradition vers le Rwanda. Saisi en appel, un juge de la Haute Cour avait finalement confirmé en juillet 2017 le blocage de leur extradition, estimant qu’il existait un risque qu’ils ne bénéficient pas d’un procès équitable au Rwanda.