Des combattants jihadistes du groupe Lakurawa ont mené mercredi une série d’attaques coordonnées contre sept villages de l’Etat de Kebbi, dans le nord-ouest du Nigeria, faisant des dizaines de morts, selon la police locale.
Les assauts ont visé les localités de Mamunu, Awasaka, Tungan Tsoho, Makangara, Kanzo, Gorun Naidal et Dan Mai Ago, situées dans la zone administrative d’Arewa. Selon le porte-parole de la police de l’État de Kebbi, Bashir Usman, les habitants qui tentaient de résister aux assaillants ont été pris pour cible. Un rapport sécuritaire évoque pour sa part plus de trente civils tués dans cinq villages.
Face à l’ampleur des violences, les forces de sécurité militaires et milices locales ont été immédiatement déployées dans les zones touchées. Des patrouilles et opérations coordonnées sont en cours pour retrouver les assaillants, tandis que les autorités assurent que la situation est désormais stabilisée. Les responsables locaux appellent la population au calme et à coopérer avec les forces de sécurité, tout en mettant en garde contre la diffusion d’informations non vérifiées.
Cette nouvelle flambée de violence intervient dans un contexte d’insécurité persistante dans le nord du Nigeria. La multiplication des attaques jihadistes et des enlèvements par des bandes armées a suscité ces derniers mois de vives inquiétudes, y compris à l’international. Les États-Unis ont récemment mené des frappes aériennes coordonnées avec les autorités nigérianes contre des groupes jihadistes dans l’Etat voisin de Sokoto.
Sur le terrain, la population vit sous la menace permanente de deux formes de violence : celle des groupes jihadistes, dont Lakurawa, et celle des bandes criminelles locales, communément appelées « bandits », responsables d’attaques contre les villages et d’enlèvements massifs contre rançon.
L’émergence de Lakurawa dans le nord-ouest du pays a contribué à aggraver la situation sécuritaire, poussant plusieurs gouvernements régionaux à renforcer les milices d’autodéfense. Certains chercheurs évoquent des liens entre ce groupe et l’Etat islamique au Sahel, actif notamment au Niger et au Mali, bien que cette hypothèse reste débattue.
Face à la recrudescence des attaques et des enlèvements, le président nigérian Bola Ahmed Tinubu avait décrété fin novembre un état d’urgence sécuritaire, accompagné d’un renforcement des effectifs militaires et policiers pour intensifier la lutte contre les groupes armés.
