Vatican : Une foule attendue à Douala pour la messe du pape Léon XIV

Des dizaines de milliers de fidèles convergent vendredi matin vers le stade de Douala pour assister à une grande messe en plein air célébrée par le Pape Léon XIV, au troisième jour de sa visite au Cameroun. Depuis son arrivée, le souverain pontife multiplie les appels à la paix tout en dénonçant avec vigueur les tyrans qui, selon lui, ravagent le monde.

Après des étapes à Yaoundé et Bamenda, ville au cœur du conflit séparatiste dans les régions anglophones, le pape américain a adopté un ton plus ferme qu’à l’accoutumée. Cette posture intervient quelques jours après de vives critiques formulées à son encontre par Donald Trump.

A Douala, capitale économique du pays, l’affluence a débuté dès jeudi soir autour du stade Japoma, où plus d’un million de personnes sont attendues selon les autorités. Depuis mercredi, le chef de l’Église catholique est accueilli dans une ambiance festive, entre chants, danses et acclamations, rythmés par percussions et vuvuzelas.

Ses discours se distinguent par une forte dimension sociale. Jeudi, il a dénoncé « le mal causé venant de l’extérieur », accusant certains acteurs internationaux d’exploiter les richesses du continent africain au nom du profit. Le Cameroun, riche en pétrole, bois précieux, cacao ou encore minerais, attire depuis longtemps investisseurs étrangers et élites locales.

Le pape, à Bamenda, a poursuivi dans ce registre, affirmant que « le monde est ravagé par une poignée de tyrans » mais reste uni grâce à la solidarité des peuples. Il a également pointé du doigt le lien entre exploitation des ressources et conflits armés, estimant que les profits tirés de ces activités alimentent souvent des cycles de violence.

Pays d’environ 30 millions d’habitants, le Cameroun compte près de 37% de catholiques. L’Église y joue un rôle majeur à travers ses écoles, ses structures de santé et ses actions sociales, un ancrage que le Vatican entend renforcer.

Après la messe, le pape doit se rendre à l’hôpital catholique Saint-Paul de Douala avant de regagner Yaoundé, où il s’adressera au monde universitaire. Sa visite s’achèvera samedi par une dernière célébration.

Dès son arrivée, mercredi, il avait donné le ton en appelant à « briser les chaînes de la corruption » devant les autorités camerounaises, en présence du président Paul Biya.